Triple A: La BAD salue les efforts déployés par le Maroc

Benguerir – La Banque Africaine de Développement (BAD) salue les importants efforts déployés par le Royaume du Maroc pour l’opérationnalisation de l’Initiative AAA, a souligné, mardi à Benguérir, la responsable-pays de la BAD pour le Maroc, Leila Farah Mokaddem.

« La BAD est engagée à appuyer cette Initiative, en mobilisant des ressources conséquentes pour faire face aux besoins du renforcement de la résilience des populations les plus vulnérables, en particulier les populations rurales », a relevé Mme Mokaddem à l’ouverture de la 2ème Conférence ministérielle annuelle de l’Initiative africaine d’adaptation aux changements climatiques (Initiative AAA), tenue sous le thème « La sécurité alimentaire face au changement climatique ».

« Nous saluons et soutenons la mise en place de la Fondation de l’Initiative Triple A, conçue pour créer les conditions favorables aux investissements massifs requis pour l’adaptation de l’agriculture africaine, en levant les contraintes communes, en favorisant l’adoption des approches, pratiques et technologies climato-intelligentes, notamment par les petits producteurs et en appuyant l’opérationnalisation des contributions déterminées au niveau national (CDN) des pays africains », a-t-elle soutenu.

La BAD entend, également, renforcer le partenariat avec l’Initiative AAA pour accélérer la transformation de l’agriculture par l’organisation conjointe d’une foire annuelle des technologies d’agriculture intelligente face au climat pour l’Afrique et d’un Forum annuel des investissements pour l’adaptation de l’agriculture africaine en marge du Forum d’investissements en Afrique, a-t-elle fait savoir.

Mme Mokaddem a, de même, renouvelé l’engagement résolu de la Banque Africaine de Développement dans la lutte contre la pauvreté et le changement climatique en Afrique, tout en appelant à travailler de concert pour faire face aux défis des changements climatiques.

De son côté, la Commissaire de l’Union Africaine (UA), chargée de l’économie rurale et de l’agriculture, Josefa Leonel Correia Sacko, a mis en avant l’engagement indéfectible du Maroc en faveur de la lutte contre les changements climatiques et de la réussite de cette Initiative d’envergure continentale.

A cette occasion, elle a souligné la nécessité de s’investir davantage dans l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques, en allouant des financements importants à cette question, tout en appelant à conjuguer les efforts et à travailler de concert au service de l’agenda climatique et du développement de l’agriculture africaine.

Elle a aussi plaidé pour le renforcement des capacités des Etats africains en matière de financement des actions et des projets d’adaptation et de lutte contre les changements climatiques et ce, à travers la mobilisation des ressources nécessaires conformément aux engagements pris par les pays membres et leurs partenaires.

Et de conclure que la commission de l’UA chargée de l’économie rurale et de l’agriculture est déterminée à travailler avec les partenaires pour concrétiser les objectifs tracés par l’Initiative Triple A pour une agriculture africaine plus résiliente et performante.

Pour sa part, l’ancien premier ministre d’Ethiopie et président du Conseil d’administration de l’Alliance for Green Revolution in Africa (AGRA), Hailemariam Dessalegn, a indiqué que la lutte contre les changements climatiques demeure un objectif vital, insistant sur la nécessité de se doter des outils et moyens appropriés pour relever le défi de l’adaptation de l’agriculture africaine face aux dérèglements climatiques.

L’Initiative Triple A est une expression de cette volonté d’accompagner le secteur agricole sur le Continent et d’atteindre l’équilibre entre atténuation et adaptation, en vue d’améliorer la sécurité alimentaire des populations africaines et de favoriser l’essor d’une agriculture plus adaptée aux changements climatiques et plus productive, a-t-il noté.

Les investissements dans le secteur agricole sont appelés à prendre en considération les mesures d’adaptation et de résilience, vu le caractère prioritaire de la lutte contre les changements climatiques et leurs dégâts dévastateurs, notamment dans les pays les plus vulnérables, a-t-il souligné, se félicitant que l’Afrique continue de parler d’une seule voix pour assurer la transformation, la résilience et le développement de son agriculture.

Dans le même ordre d’idées, M. Julian Lampietti, représentant de la Banque Mondiale (BM) s’est félicité que la BM soit associée à l’Initiative Triple A depuis sa création, relevant que cette initiative se veut une expérience réussie avec pour finalité la mise en œuvre de plans d’actions pertinents pour le développement de l’agriculture.

L’Initiative AAA est un bel exemple de collaboration et d’apprentissage Sud-Sud en vue d’accélérer la résilience du secteur agricole et son adaptation aux changements climatiques, a-t-il loué, notant que des mesures d’atténuation variées doivent d’être mises en place pour une agriculture intelligente en Afrique.

Les investissements de la Banque Mondiale témoignent de son engagement en faveur de cette Initiative et du soutien des agriculteurs africains, a-t-il dit, réitérant l’engagement de l’institution financière mondiale pour renforcer sa coopération avec l’initiative AAA et ses partenaires pour atteindre les objectifs escomptés.

Lui emboîtant le pas, M. Ousman Jarju, du Green Climate Fund (GCF), a indiqué que les dérèglements climatiques extrêmes ont un grand impact sur l’ensemble des communautés, notamment en Afrique, d’où, a-t-il insisté, l’impératif de mettre en place des idées innovantes pour favoriser un développement durable dans le Continent.

Rappelant les investissements réalisés par le GCF dans les pays africains pour soutenir plusieurs projets agricoles et assurer la sécurité alimentaire de la population, M. Jarju a salué les actions entreprises pour atteindre les objectifs fixés par cette Initiative.

Dans ce sens, il a souligné l’urgence d’agir et de renforcer la productivité et la sécurité alimentaire pour améliorer les conditions de vie des populations dans les pays africains les plus vulnérables, réaffirmant l’engagement du Fonds à accompagner les Etats membres de l’Initiative pour une agriculture intelligente et verte.

Quant à la représentante de la FAO, Jocelyn Brown Hall, elle a salué le leadership du Maroc dans le domaine agricole, faisant part de la détermination de l’organe onusien à soutenir l’Initiative et les efforts entrepris par le Royaume en la matière.

A cet effet, elle a plaidé pour davantage d’investissements dans les technologies numériques pour révolutionner le secteur agricole et venir en aide aux petits exploitants qui sont les plus exposés aux effets néfastes des changements climatiques.

Elle a aussi appelé les dirigeants des pays concernés à faire avancer cette cause, en facilitant les partenariats et en travaillant collectivement et main dans la main pour soutenir cette Initiative très louable.

A cette occasion, les participants ont suivi un exposé sur la mise à jour de l’Initiative AAA, présenté par la Directrice générale de la Fondation AAA, Mme Abir Lemseffer.

L’initiative Triple A, lancée lors de la COP22, portée et soutenue par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a été dotée suite aux Hautes Instructions du Souverain d’une Fondation présidée par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts pour agir en faveur de l’adaptation de l’Agriculture africaine et, ainsi comme l’a affirmé SM le Roi lors du 28ème sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, « constitue une réponse innovante et extrêmement concrète aux défis communs posés par les changements climatiques ».

La 2ème Conférence ministérielle annuelle de l’Initiative AAA, organisée en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique et le groupe OCP, réunit 28 délégations étrangères, dont 20 ministres africains, des représentants de gouvernements africains, d’institutions financières internationales telles la Banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque Africaine de Développement (BAD), des donateurs, ainsi que plusieurs scientifiques de renommée internationale.

Dans le cadre de cette Conférence, une journée scientifique a été organisée, lundi, au cours de laquelle une cinquantaine d’experts et scientifiques internationaux de premier plan ont débattu des problèmes de sécurité alimentaire posés par le changement climatique en Afrique.

Une table ronde des donateurs a également eu lieu et était l’occasion pour les différentes institutions financières d’examiner la mobilisation de fonds financiers.