Christophe Boeckel, un professeur Français hautement expérimenté

-Par Hassan EL AMRI-.
Benguerir – Français d’origine mais grand amoureux du Maroc, Christophe Boeckel, riche d’une grande expérience en tant que professeur des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE) dans le Royaume et dans l’Hexagone, offre éloquemment l’exemple vivant du dévouement sans limites et de l’abnégation sans faille pour permettre aux élèves les plus méritants d’atteindre le summum de l’excellence scolaire.

Grâce à un engagement qui ne date pas d’aujourd’hui, M. Boeckel, qui vient d’être décoré par SM le Roi Mohammed VI du Ouissam Al Alaoui de troisième classe (Officier), a réussi à mettre à profit toute son expérience dans un domaine très sélect pour devenir le responsable des CPGE au Lycée d’Excellence (LYDEX) de Benguerir, situé à quelque 70 kilomètres de la ville de Marrakech.

Certes, cet établissement scolaire de haut niveau, fruit d’un partenariat public/privé et porté par la Fondation OCP pour la promotion d’un enseignement d’excellence en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, vient de voir le jour il y a quelques années seulement, mais force est d’admettre qu’il n’a rien à envier aux autres Lycées spécialisés au niveau mondial et ce, à la faveur notamment de ses équipements et infrastructures, d’une administration, d’un personnel et d’un corps professoral trié sur le volet, et surtout d’une gestion exemplaire de M. Boeckel de ces classes préparatoires.

Il s’agit, faut-il le souligner, d’une gestion de main de maître qui a permis aux étudiants de bénéficier d’un enseignement très exigeant et d’obtenir des résultats fort remarquables qui leur ont ouvert grandement les portes des grandes écoles parmi les plus prestigieuses à l’échelle internationale.

Ayant fait ses classes préparatoires au début des années 80, M. Boeckel a intégré l’Ecole normale supérieure de Cachan en 1983. Après quatre années d’études, il a passé l’examen de l’agrégation en 1987.

« Je me suis donc retrouvé au Maroc, jeune agrégé, parce qu’on m’avait proposé de participer au programme des classes préparatoires », a-t-il confié à la MAP, ajoutant qu’il avait enseigné dans les classes préparatoires pendant douze ans au Lycée Mohammed V à Casablanca.

Cependant, poursuit-il, il a dû quitter « avec beaucoup de regret » le Royaume en 1999 pour regagner la France, où il a continué à enseigner en classes préparatoires, mais en gardant toujours à l’esprit l’idée qu’il pourra un jour revenir à son « premier amour, le Maroc ».

Un rêve qui s’est concrétisé en 2014, lorsqu’on lui a proposé de participer à l’équipe chargée du projet de lancement du Lycée d’Excellence de Benguerir.

« Je vous avoue que je n’ai pas hésité longtemps à rejoindre l’équipe du projet et j’ai démarré en septembre 2014 dans cette équipe » pour imaginer la conception de ce Lycée, a-t-il poursuivi, faisant remarquer qu’il y avait déjà une vision de la présidence du groupe OCP qui voulait construire un Lycée ouvert aux élèves méritants de tout le Maroc et issus de toutes les couches sociales. « C’est un projet qui me tenait à coeur ! Le projet d’une vie », a-t-il affirmé.

Il a, dans ce sens, précisé qu’en vue de traduire dans les faits l’idée de l’équipe chargée du projet, il a travaillé pendant une année au siège de l’OCP avec un chef de projet, en se focalisant essentiellement sur la dimension pédagogique, qui consistait à s’attaquer à la manière d’organiser notamment les différents espaces du LYDEX et de ses laboratoires, pour passer ainsi d’une « vision macro » à un projet en bonne et due forme, voire à un Lycée prêt à fonctionner.

Dans ce sens, M. Boeckel a tenu à rappeler que le LYDEX de Benguerir a démarré en 2015 avec les premières classes préparatoires ouvertes en septembre de la même année, en l’occurrence celles scientifiques et technologiques, avec un total de 82 élèves.

Et de poursuivre que la première promotion d’élèves de classes préparatoires a passé les concours pour les grandes écoles d’ingénieurs (les écrits en avril 2017 et ceux oraux en juillet de la même année), précisant que « nous avons eu des premiers résultats assez remarquables ».

Ainsi, plus de 50 pc des élèves ont rejoint de grandes écoles parmi les meilleures en France et le reste a intégré les écoles les plus prestigieuses au Maroc.

« Pour l’année 2018, nous avons eu des résultats encore meilleurs », s’est-il félicité, notant que cinq élèves du LYDEX ont rejoint l’Ecole polytechnique de Paris, neuf ont été admis à l’Ecole Centrale de Paris, outre un grand nombre d’élèves qui ont réussi à intégrer les 12 meilleures écoles d’ingénieurs parmi les plus prestigieuses en France.

« Cela nous place ainsi dans le Top Ten des meilleures classes préparatoires à l’échelle internationale », a-t-il affirmé avec grande fierté et beaucoup d’enthousiasme.

Evoquant le Ouissam Royal dont il vient d’être décoré aux côtés de deux autres enseignants des classes préparatoires au LYDEX de Benguerir, M. Boeckel n’a pas caché sa grande émotion et son bonheur suite à cette grande distinction et à cette reconnaissance.

« Quand cette reconnaissance vient du plus haut sommet de l’Etat, c’est un honneur indescriptible! Un honneur qui atteint, certes, la personne honorée, mais aussi toute l’institution et tout le corps professoral et le personnel, sans oublier les élèves », a-t-il dit.

Et M. Boeckel de soutenir que cette haute distinction est aussi une source de « fierté énorme » pour tous les élèves, « une fierté d’appartenir à un Lycée d’Excellence qui, certes, existait au départ, mais qui se renforce à travers cette reconnaissance qu’on ne peut même pas espérer dans nos rêves, surtout après seulement deux ans de démarrage ».

« Il y a aussi l’énorme fierté des professeurs », a-t-il explicité, estimant que les performances et prouesses de l’établissement sont aussi réalisées grâce aux enseignants qui sont extrêmement engagés et qui ne ménagent aucun effort pour atteindre des résultats fort remarquables, sans oublier l’ensemble du personnel du LYDEX qui demeure « extrêmement fier » de cette reconnaissance Royale.

Et de faire remarquer que cette reconnaissance va de pair avec une responsabilité, arguant que si tout le monde connaît aujourd’hui le LYDEX grâce aux très bons résultats obtenus, il va maintenant falloir « confirmer et amplifier » encore plus cette performance.

Mettant en relief la réussite du LYDEX de Benguerir en si peu de temps, M. Boeckel a indiqué que le succès de cet établissement est le fruit, d’une part, de l’engagement de l’administration, des professeurs et des élèves et, d’autre part, de la confiance, dont la plus importante est celle établie entre les élèves et le corps professoral. « Une confiance que nous oeuvrons, chacun selon sa position, à développer et surtout, à pérenniser », a-t-il expliqué.

« L’engagement et la confiance constituent, si j’ose dire, le premier étage d’une fusée. Le second consiste à développer des projets et à être toujours dans l’innovation pédagogique et dans l’expérimentation de nouvelles modalités pédagogiques qui permettront d’aller encore plus haut », ce qui, a-t-il conclu, requiert l’engagement sans faille de tous les professeurs et de l’ensemble du personnel du Lycée d’Excellence de Benguerir.