Conférence de Marrakech sur la migration: Une première journée marquée par l’adoption d’un Pacte historique porteur d’espoir

Marrakech, 10/12/2018 (MAP) – La conférence intergouvernementale sur la migration, qui a ouvert ses travaux, lundi à Marrakech, a été marquée, dans sa première journée, par l’adoption formelle et historique du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui se veut une nouvelle étape dans un processus de coopération internationale visant une meilleure gestion d’un phénomène qui exige une « solidarité responsable ».

C’est cette idée combien significative de la solidarité responsable que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tenu à souligner dans le Message adressé à cette Conférence internationale sur la migration et dont lecture a été donnée par le Chef du gouvernement, M. Saâd Dine Otmani.

« Le défi de la conférence de Marrakech sur la Migration est de montrer que la Communauté internationale fait le choix de la solidarité responsable », a affirmé le Souverain, insistant qu’il appartient à cette Communauté de respecter pleinement le droit souverain de chacun de ses membres à déterminer et à mener sa propre politique migratoire.

Il lui incombe aussi, a relève SM le Roi, de prouver que le multilatéralisme « n’est pas le parti de la chaise vide, de la désertion et de l’indifférence. Il est celui des synergies et de l’engagement dans la différence », notant qu' »aucun pays ne peut, à lui seul, faire face à ces enjeux ! Or, s’il n’y a pas d’alternative à la coopération, il n’y a pas, non plus, d’alternative à l’action ».

« Le Pacte mondial n’est pas une fin en soi. Il ne fait sens que par sa mise en œuvre effective. C’est pourquoi, la Conférence de Marrakech est, avant tout, un appel à l’action », a souligné le Souverain, qui a offert pour l’occasion un déjeuner en l’honneur des participants à la Conférence de Marrakech, présidé par le Chef du gouvernement.

Ce document, adopté au terme d’âpres négociations et échanges, marque, aux yeux des observateurs, une étape importante dans l’histoire du dialogue mondial et de la coopération internationale concernant les migrations, malgré son caractère non-contraignant. Il fait notamment fond sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Programme d’action d’Addis-Abeba, et tient compte de la Déclaration adoptée en octobre 2013 à l’issue du Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement.

Il s’agit aussi d’un pacte qui établit un cadre de coopération juridiquement non contraignant, qui repose sur les engagements convenus par les États membres dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants. Il favorise la coopération internationale en matière de migration entre tous les acteurs compétents, sachant qu’aucun État ne peut gérer à lui seul la question des migrations, et respecte la souveraineté des États et les obligations que leur fait le droit international.

Dans ce sens, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita a souligné, à l’ouverture de la Conférence intergouvernementale, que le Pacte de Marrakech est « un acte de souveraineté ».

« Si certains pensent que le multilatéralisme concurrence la souveraineté, nous démontrons aujourd’hui que ce pacte est dans son essence même un acte de souveraineté, il en est l’outil et la preuve de sa résilience », a-t-il indiqué, estimant que ce multilatéralisme reste l’ultime langage du dialogue et de la coopération face aux défis globaux de la migration. Il ne s’agit pas d’une affaire d’un pays, d’une région ou d’un continent, c’est un phénomène qui touche l’Afrique comme l’Europe ou l’Amérique et qui interpelle chacun d’une manière différente, mais la différence ne signifie nullement l’indifférence ».

Dans la même veine, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a relevé que le Pacte mondial sur les migrations procède d’une démarche qui doit permettre d’aider non seulement les migrantes et les migrants, mais aussi les communautés d’origine et d’accueil, précisant que ce document propose également un cadre de réflexion sur les stratégies d’appui au développement dans les pays d’origine, la migration devant être un acte de choix et jamais de désespoir.

Lors de la première journée de cette conférence internationale, qui a été marquée par des plénières, des débats et des dialogues, des représentants d’Etats et d’organisations internationales, des droits humains et de la société civile ont plaidé en faveur d’une mise en œuvre globale, durable et humaine des objectifs du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Ils ont, en outre, insisté sur l’impératif d’une coopération internationale efficiente pour promouvoir l’action sur les engagements dudit Pacte et de la fédération des efforts de l’ensemble des parties prenantes et partenaires pour la mise en œuvre concrète des Objectifs de ce document sur les plans local, national, régional et international.

Ces échanges et débats sont appelés à se fructifier lors de la deuxième journée de cette conférence d’envergure, avec un accent particulier sur les moyens et voies susceptibles de baliser le chemin vers une mise en oeuvre optimale du Pacte de Marrakech tout en accordant une importance particulière à la dimension humaine du phénomène migratoire dans le monde.

La première journée de la Conférence de Marrakech a été également marquée par l’organisation d’une rencontre de haut niveau en commémoration du 70-ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Cette rencontre, marquée par la participation notamment du Secrétaire général des Nations Unies, la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, le haut-commissaire aux Droits de l’Homme et la Représentante spéciale du SG de l’ONU pour les Migrations internationales, reflète le lien entre la question des droits de l’homme et le Pacte mondial pour des migrations sures, ordonnées et régulières, qui s’inspire dans plusieurs de ses objectifs de la déclaration universelle des droits de l’homme.