Exposition de photographies illustrant des villes et sites historiques arabes

Essaouira – La ville d’Essaouira accueille actuellement une exposition de photographies inédites intitulée :  »Le jour d’après : Les ombres du patrimoine », retraçant l’histoire de villes et sites historiques dans des Etats arabes, aussi bien avant qu’après s’être réduits en vestiges et gravas, à cause des conflits et des crises survenus ces dernières années.

Visible au Musée Sidi Mohamed Ben Abdellah, cette exposition s’insère dans le sillage d’une rencontre internationale autour du thème  »les villes et patrimoines dans les Etats arabes », organisée par la Société Marocaine de l’Archéologie et du Patrimoine (SMAP) et le Centre Régional de Conservation ICCROM-ATHAR à Sharjah, aux Emirats Arabes Unis.

Composée de quelque 76 photographies en couleurs et en noir et blanc, cette exposition met l’accent sur la destruction massive d’édifices et d’importantes villes historiques qui servaient par le passé de  »trésor patrimonial indéniable », et qui se trouvent complètement désertes et délaissées à leur sort à l’heure actuelle.

Face à la mise en péril de la sécurité de ces espaces, ces sites emblématiques ont subi les agressions les plus lourdes soit en raison des aléas du temps, ou de leur marginalisation, ou encore à cause des conflits armés, au point d’être réduits à de simples vestiges, lit-on dans une note de présentation de cette exposition.

Pourtant, indique-t-on, ces espaces continuent de résister et d’être un véritable témoin de l’authenticité et de la singularité de ce qu’ils étaient par le passé : Un vrai trésor patrimonial.

Focalisant sur six pays arabes à savoir : la Syrie, l’Irak, la Libye, l’Egypte, le Yémen et la Palestine, cette exposition offre aux curieux parmi les visiteurs, un véritable périple à travers une série de sites soigneusement choisis avant et après s’être anéantis à cause des conflits. L’objectif est de permettre de mesurer l’ampleur et la gravité du préjudice subi par ces sites de portée civilisationnelle et historique indéniable.

Cette exposition est présentée aussi à la communauté internationale des experts et spécialistes du patrimoine pour leur offrir l’opportunité de s’arrêter sur l’état des villes et des édifices après les conflits, ajoute-t-on.

Le paysage qu’offrent ces vestiges permet de souligner l’importance de favoriser la coopération internationale qui, de ce fait, pourrait être un outil efficace durant la phase de la réhabilitation et de la réfection de ce patrimoine.

Dans une déclaration à la MAP, le directeur de l’ICCROM-ATHAR, M. Zaki Aslan, a expliqué que l’idée de cette exposition traduit, clairement, cette volonté de permettre au public de prendre connaissance de l’état actuel de villes et sites historiques qui, du fait des conflits, ont été fragilisés voire même détruits sciemment ces dernières années.

Il s’agit aussi de sensibiliser tout un chacun quant à l’impératif de préserver ce legs patrimonial et de fédérer les efforts en mobilisant les moyens humains, financiers et techniques adéquats, a-t-il expliqué, disant toute sa joie et sa fierté de se trouver au Maroc dans le cadre de cette rencontre.

Organisée en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication (Département de la Culture), ce conclave, qui prend fin mercredi, a bénéficié du concours notamment du ministère des Habous et des Affaires Islamiques, de l’Académie du Royaume du Maroc, de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP), et de l’Association Essaouira-Mogador.

Ce rendez-vous scientifique a offert, ainsi, l’opportunité de mettre l’accent sur les questions liées à la préservation et à la mise en valeur du patrimoine des villes dans le monde arabe, ainsi que de leurs tissus historiques.