Essaouira : Hommage à l’art plastique Souiri au féminin

 

Essaouira, 29/12/2018 (MAP)- Une exposition de toiles inédites et singulières, mettant en lumière le talent artistique et créatif de trois femmes artistes peintres Souiries, à savoir Halima Slika, Nadia Ouchatar et Chama Attar, se tient du vendredi 28 décembre au 12 janvier prochain à l’espace emblématique de Dar Souiri à Essaouira.

Visible aux cimaises de l’espace d’exposition Tayeb Seddiki, à l’initiative de l’Association Essaouira-Mogador, cette exposition intervient dans le cadre de la 4è édition du Festival  »Jazz sous l’Arganier » (28 et 29 décembre dans la cité des alizés).

Cette exposition dont le vernissage est prévu dimanche 30 décembre, en présence de plusieurs invités dont des intellectuels, des artistes peintres et des acteurs associatifs d’Essaouira et d’ailleurs, comprend une trentaine de toiles soigneusement confectionnées par ces trois artistes peintres souiries.

A travers six oeuvres artistiques de Chama Attar, 15 toiles de Nadia Ouchatar dont des oeuvres faisant revivre le Haik Souiri, et une dizaine de toiles de Halima Slika, ces plasticiennes rassemblent plusieurs styles artistiques allant du réalisme symbolique au style inné voire même au surréalisme, en abordant plusieurs thématiques autour de la vie en général, la musique et le corps humain.

Leurs oeuvres artistiques se veulent l’illustration d’un travail universel via le patrimoine culturel et artistique national.

Cette exposition collective témoigne à quel point l’atelier ouvert de la cité des alizés a toujours été marqué par d’exceptionnelles femmes parmi ces authentiques artistes-peintres ayant déjà le privilège d’exposer leurs oeuvres dans différentes régions du Maroc et qui avaient aussi exporté leurs traces picturales et l’esprit de cette cité à divers régions du monde.

Par la tenue de cette exposition de toiles inédites, l’ambition de l’Association Essaouira-Mogador est de rendre un vibrant hommage aux femmes créatrices d’Essaouira, parmi celles qui continuent toujours d’enrichir la scène artistique de la cité des alizés, a confié à la MAP, M. Ahmed Harrouz, artiste-plasticien et membre de l’Association Essaouira-Mogador.

A travers cette exposition,  »nous retrouvons les mêmes grandeurs de la recherche artistique et les mêmes audaces pour les manifester », a-t-il expliqué.

 »Dans cette exposition, nous voyageons tous comme si on est invités à se déplacer d’un univers à l’autre, à travers l’ambiance humaine et artistique de la cité des alizés, formulée par le langage visuel de ces trois femmes artistes, qui rendent hommage à cette cité, à ce qu’elle englobe comme patrimoine et créations, tout en nous faisant pénétrer dans la musique du même cosmos, qu’elles décrivent avec lucidité par leurs différentes sensibilités, à travers leur trois univers bien originaux et bien subtiles », a-t-il conclu.

Pour rappel, Halima Slika est une artiste qui puise son inspiration du visible et de l’invisible de ce vaste atelier qu’est Mogador, reformule spontanément à sa manière et sa sensibilité, les descriptions artistiques du ressenti, individuel et collectif, tout en proposant comme témoins divers esprits d’êtres, qui animent cet espace, en transe et en harmonie avec les contours et les couleurs de la cité, dans un air où l’essence de l’être soi-même s’exprime avec force.

Quant à Nadia Ouchatar, à travers sa manière de le dire et de le chanter discrètement par la peinture et les matières du patrimoine qu’elle vénère dans ce même atelier, elle fait relire l’histoire de la dynamique artistique dans cette Médina authentique, tout en posant une composition de formes et de symboles qui expriment le réalisme et l’abstrait d’être là, bien bercé dans cet univers, en nous faisant bien écouter la symphonie de l’art et de la mémoire à Essaouira.

Chama Attar veille, pour sa part, à emmener les mordus de son style artistique subtile dans un voyage pictural entre toile et bois, tout en questionnant avec art.

Les éléments qu’elle utilise dans ses formulations artistiques est une large invitation à voir et à apprécier dans la localité de ce vaste et original atelier d’Essaouira, la traduction artistique de ses composantes humaines et esthétiques, tout en suggérant d’élargir la vision pour transcender l’apparent et voir le subtil, en voyageant au-delà des remparts de cette cité paisible.