Clôture du 4è Festival « Jazz sous l’Arganier »

Essaouira – Le public souiri et les invités de la cité des alizés ont eu le grand privilège d’être majestueusement conviés, samedi soir à la clôture de la 4è édition du Festival  »Jazz sous l’Arganier », à un véritable périple au coeur de la fusion entre la musique gnaouie et le Jazz scandinave, une aventure musicale toute singulière signée  »Magic Spirit Trio ».

Dans une ambiance festive, l’assistance a été ainsi gratifiée d’un florilège de chansons tirées du répertoire  »Mogador Gnaoua Jazz », interprétées, en avant-première à Essaouira, par trois grands musiciens au talent avéré à savoir Majid Bakass surfant entre le Luth et le Guembri, Goran Kayfes (Suède-Croatie) à la Trompette, et Stefan Pasborg (Danemark) à la Batterie et ce, pour le plaisir et le bonheur des Aficionados de la musique originale.

Pour rappel, ce groupe composé de trois grands musiciens tellement appréciés dans leurs pays respectifs pour leurs différentes consécrations en matière de Jazz et musique du monde, n’est autre que le fruit de plusieurs rencontres musicales effectuées par ces musiciens au Maroc, au Danemark, en Suède et en Norvège.

La musique de ce groupe artistique hors pair est un mélange subtile entre musique gnaoua et musique africaine en général, et Jazz nordique et musique improvisée, après nombre de tournées musicales l’été dernier, ce qui avait permis à ce trio magique d’entrer au studio à Copenhague pour enregistrer son premier album dont la sortie officielle est prévue en 2019.

L’un des moments émouvants de cette soirée de clôture, rehaussée par la présence notamment de M. André Azoulay, président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, et Conseiller de Sa Majesté le Roi ainsi que d’autres personnalités, a été l’hommage posthume rendu par ce Trio à Louisa et Maren, les deux touristes scandinaves tuées récemment dans un acte criminel abominable commis à Imlil (province d’Al Haouz).

Après l’interprétation par les trois artistes d’une composition musicale dédiée à la mémoire des deux victimes, l’assistance et l’ensemble des musiciens présents à cette 4è édition ont observé une minute de silence pour le repos de l’âme de Louisa et Maren.

Auparavant, le public présent a eu la chance de renouer avec la musique Blues et des rythmes afro-marocains, en revisitant, en compagnie de l’icône Corey Harris à la guitare et Amine El Bliha à la percussion, un répertoire musical exceptionnel.

Et ce n’est pas tout, puisque Corey Harris, en choisissant de remercier Essaouira à sa manière, a préféré gratifier le public d’une chanson toute sublime, intitulée  »Mama Africa », de quoi rendre un vibrant hommage à tout un Continent.

Né le 21 février 1969 à Denver (Colorado), Corey Harris joue fréquemment et maintient une tradition du blues fortement influencé de musique africaine.

Et pour clore cette nouvelle édition en beauté, l’ensemble des musiciens participant ont investi la scène de l’espace emblématique de Dar Souiri, le temps d’interpréter, côte à côte dans une ambiance conviviale et fraternelle, une série de chansons inédites, de quoi prouver à tous que la musique demeure à jamais ce langage universel hautement dédié à l’humanité entière.

A rappeler que la séance d’ouverture de ce festival a été marquée par la programmation de deux spectacles de haute facture, soigneusement conçus pour mettre en avant les nouvelles sonorités du Jazz  »Made in Morroco », tout en célébrant l’Afrique dans toute sa splendeur.

Ainsi, le public a été au rendez-vous avec un Quintet orchestré par le jeune et talentueux guitariste Taha El Himdi, et accompagné dans cette belle aventure musicale par Khalil Bensouda à la Basse, Salim Akki à la Batterie, Arman au Piano, et Michael Sleem à la Trompette.

Par la suite, les festivaliers ont eu droit à un autre spectacle féérique et de haute facture: Une aventure au coeur de l’Afro Jazz, signée  »Aly Keita Trio », le grand maestro du Balafon, Childo Thomas à la Basse, et Marcel Van Cleef à la Batterie.

Avec cette programmation riche et soigneusement confectionnée, la cité des alizés a tenu, comme à l’accoutumée, toutes ses promesses d’être, sans conteste, un haut lieu d’humanisme et d’universalité, où tout le monde se côtoie et se rencontre dans la convivialité et la fraternité les plus assurées.

Cette nouvelle édition du Festival  »Jazz sous l’Arganier » conforte encore une fois la position stratégique ainsi que l’image de marque d’Essaouira comme destination incontournable des arts et de la culture, et un espace de promotion de toutes les musiques du monde.

Ce festival a offert aussi l’opportunité aux férus de ce style musical de voir se côtoyer de grandes figures du Jazz, venus des USA, de Russie, du Danemark, des Pays Bas, du Mali, du Mozambique et du Maroc. Un véritable périple au coeur de l’histoire du Jazz et dont les prochaines éditions promettent gros, grâce à l’engagement et à la démarche pragmatique de l’Association Essaouira-Mogador, initiatrice de ce rendez-vous annuel.