INDH : Six questions au Chef de la DAS de la province d’Al Haouz

Tahanaout (province d’Al-Haouz) – Dans un entretien accordé à la MAP, le Chef de la Division des Affaires Sociales (DAS) de la préfecture de la province d’Al Haouz, M. Abdelghani Moumad revient sur la singularité de l’INDH en tant que chantier Royal, ses apports en termes de développement durable et inclusif, les nouveautés de sa 3è Phase, les grandes réalisations accomplies au niveau provincial, ainsi que sur ses perspectives.

Q1 : Lancée en 2005 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, l’INDH est un chantier Royal par excellence, qu’elle est sa genèse et sur quoi repose-t-elle ?

L’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) depuis, son lancement le 18 mai 2005 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a largement contribué à la promotion du capital humain aussi bien au niveau national qu’à l’échelle de la province d’Al Haouz.

Grâce à sa philosophie et sa démarche, l’INDH permet de réaliser des résultats positifs et palpables sur le terrain, en opérant un changement remarquable dans le quotidien des populations à travers les différentes régions du Royaume.

Après l’achèvement de ses deux premières tranches et le lancement de sa 3è phase le 18 septembre 2018 par le Souverain, l’INDH en tant que « chantier Royal », par excellence, s’est toujours basée sur une approche pragmatique visant à capitaliser sur les acquis et réalisations, tout en réorientant ses programmes en vue de la promotion du capital humain, avec un intérêt grandissant pour les générations montantes, notamment la petite enfance et la jeunesse.

Q2 : Après deux phases amplement réussies, l’INDH est actuellement en sa 3è phase. Quels sont les objectifs qui lui sont assignés et quels sont ses programmes ?

Après deux phases amplement réussies, l’INDH vise, via sa 3è phase, un double objectif, à savoir consolider les acquis et bâtir l’avenir en s’attaquant aux freins au développement humain.

Cette nouvelle phase se décline en 4 programmes : « Rattrapage des déficits en infrastructures et services sociaux de base », « Accompagnement des personnes en situation de précarité », « Amélioration du revenu et inclusion économique des jeunes » et « Impulsion du capital humain des générations montantes ».

En d’autres termes, la troisième phase de l’INDH est porteuse de projets nouveaux, d’une stratégie nouvelle avec des horizons prometteurs. Sa devise étant : « investir dans le capital humain pour relever les défis de demain ».

Q3 : Quel impact de l’INDH au niveau de la province d’Al Haouz ?

L’impact de l’INDH au niveau de l’ensemble du territoire de la province d’Al Haouz est très positif et remarquable.

En chiffres, ce sont quelque 1.600 projets, d’un coût global de 635 millions de DH qui ont été réalisés dans le cadre de l’initiative depuis son lancement, au niveau de cette partie du territoire national. La contribution financière de l’INDH s’élève à quelque 483 millions de DH, soit près de 70% du total.

Ces projets revêtent une importance cruciale pour la population locale puisqu’ils s’étendant à des secteurs très stratégiques comme l’approvisionnement en eau potable. Grâce à la fédération des efforts de l’ensemble des intervenants et des partenaires, le taux de couverture en eau potable au niveau provincial a atteint les 98%.

Ces projets impulsés par l’INDH concernent aussi la femme en situation précaire, notamment avec la création d’un nombre important d’associations et de coopératives féminines, outre la construction et l’équipement de plusieurs centres dédiés au renforcement des capacités des femmes, notamment la femme et la fille rurales.

A Al-Haouz, l’INDH a veillé aussi à l’amélioration des conditions socio-économiques des femmes via la création d’activités génératrices de revenu (AGR), afin de parvenir à leur autonomisation financière, tout en plaçant la formation, l’alphabétisation et l’amélioration de la santé de la femme et celle de leur progéniture, au coeur des priorités.

Q4 : L’INDH accorde un intérêt particulier à l’amélioration du quotidien des personnes ciblées, quelles sont les actions entreprises dans ce sens à Al Haouz ?

A l’instar des autres régions du Royaume, à Al Haouz, un intérêt important est accordé à l’accompagnement des personnes en situation précaire, dans le cadre également de la 3è phase de l’INDH (2019-2023).

En chiffres, il a été procédé, au titre de l’année 2019, à la mobilisation de près de 35 millions de DH pour la réalisation de projets concernant plusieurs secteurs, notamment la réduction des disparités territoriales en milieu rural et l’eau potable ou encore l’enseignement à travers l’acquisition du transport scolaire, la contribution à la gestion de Dour Talib et Taliba (Maisons de l’Etudiant et de l’Etudiante) et leur mise à niveau, ou encore l’initiative « Un million de cartables ».

Concernant l’année 2020, le coût des projets réalisés s’élève à près de 50 millions de DH consacrés à Dour Talib et Taliba, à l’amélioration et à la préservation de la santé de la mère et de l’enfant (Dar Al Oumouma : Maison de la Maternité), l’appui aux personnes en situation précaire à travers la construction de trois centres dédiés à la femme, l’acquisition d’équipements médicaux pour les centres d’hémodialyse…etc.

En outre, l’INDH a apporté son appui aux différentes structures dédiés aux personnes en situation précaire (personnes âgées, enfants autistes, enfants de la rue et ceux abandonnés, les personnes souffrant de handicap), et les centre d’hémodialyse.

Q5 : Et la jeunesse dans le cadre de l’INDH au niveau d’Al Haouz ?

A Al-Haouz, une place de choix est réservée aux jeunes dans le cadre de l’INDH, notamment ceux âgés entre 18 et 34 ans, leur insertion économique et leur incitation à l’entrepreneuriat, et à la promotion, chez eux, de cet esprit de l’initiative privée et de l’auto-emploi comme outil efficace de lutte contre le chômage.

Ainsi, dans le cadre du programme « amélioration du revenu et insertion financière des jeunes » relevant de la 3è Phase de l’INDH, il a été procédé à la sélection de deux Fondations pour la formation, l’accompagnement et le suivi pré et post-création de projets, au profit des jeunes de la province porteurs de projets ou d’idées de projets.

Compte tenu de la nature géographique de la province, à dominante montagneuse, avec un territoire très étendu, le Comité Provincial de Développement Humain (CPDH) présidé par le gouverneur de la province, M. Rachid Benchikhi, a veillé à répartir la province en deux zones : « la Zone A » englobant Tahanaout, Asni et Amezmiz et « la Zone B » qui comprend Ait Ourir et Touama, afin de faciliter la tâche des deux fondations sélectionnées pour un meilleur accompagnement des futurs jeunes entrepreneurs.

Ainsi, en vertu de conventions de partenariat conclues respectivement avec ces deux fondations, la formation, le suivi et l’accompagnement des jeunes relevant de la Zone A ont été confiés à la Fondation Norsys, tandis que ceux relevant de la Zone B bénéficieront de l’expertise de la Fondation « Moubadara ».

Q6 : Quelles sont les mesures prises en vue de la promotion de l’enfance à Al Haouz ?

Dans le cadre de la 3è Phase de l’Initiative, une importance cruciale est accordée à l’enfance et plus précisément à la promotion de l’enseignement préscolaire. Le CPDH d’Al-Haouz ambitionne, dans ce sens, d’atteindre un taux important de couverture en unités dédiées à ce cycle d’enseignement.

Cet intérêt émane de la prise de conscience que l’enseignement préscolaire constitue une passerelle pour un passage plus fluide de l’enfant en bas âge vers d’autres niveaux scolaires, via l’acquisition de compétences et de connaissances indispensables à l’édification de sa personnalité, ce qui facilitera son accompagnement et son encadrement éducatifs.

Ainsi, au niveau de la province d’Al-Haouz, l’accent a été mis en 2019, sur la mise à niveau et l’équipement de 51 unités du préscolaire, pour une enveloppe budgétaire de près de 11 millions de DH.

Pour ce qui est de l’année 2020, il a été procédé à la construction de 51 unités dédiées à l’enseignement préscolaire, dont 43 unités de « Type 1 » (une salle de classe), et 8 autres unités de « Type 2 » composées chacune de deux salles de classe, soit au total 61 salles de classe, pour un coût global de 16 millions de DH, auxquels s’ajoutent les dépenses liées à la gestion de ces unités pour une durée de deux ans, outre les dépenses d’équipement.