Khaoula El Filahi, une jeune passionnée dans le monde de la lecture

Par : Abdelhak YAHYA.
Youssoufia – Native de la ville de Youssoufia, la jeune Khaoula El Filahi n’imaginait nullement que l’immersion dans le monde exceptionnel de la lecture et son voyage « sans billet de retour », dans l’espace et dans le temps, avec le meilleur des compagnons de l’Homme, le livre, va lui procurer une telle passion pour plonger, corps et âme, dans cet univers sans frontières.

Cet exercice remarquable, plein de nouvelles idées et riche en connaissances et aventures, était, sans nul doute, l’une des principales raisons derrière la distinction bien méritée de Khaoula tout au long de son parcours scolaire, à même de briller de mille feux lors des éliminatoires régionales de la 5ème édition du prestigieux concours « Défi de la lecture arabe », qualificatives à la compétition nationale de cette épreuve au titre de la saison 2019-2020.

Ce grand exploit a permis à Khaoula, qui poursuivait ses études au lycée qualifiant « Kachkate » à Youssoufia, de s’adjuger la première place lors des phases éliminatoires à l’échelle de la région de Marrakech-Safi et de recevoir les encouragements notamment, des autorités provinciales. Une véritable incitation à aller de l’avant et à persévérer sur la voie de la gloire et du succès.

Dans une déclaration à la MAP, Khaoula, du haut de ses 18 ans, a évoqué, avec grande nostalgie, ses grands débuts avec le monde passionnant de la lecture, tout en admettant la difficulté de se remémorer le titre du premier livre qu’elle a commencé à lire. Elle a, toutefois, répliqué en affirmant avoir grandi au sein d’une famille éprise de lecture, aussi bien ses parents que ses frères.

« L’être humain est intimement lié au milieu où il a grandi. Par conséquent, tout enfant s’attache dès son plus jeune âge à imiter ce qu’il voit autour de lui et à s’imprégner des habitudes et attitudes propres à sa famille (…). Malgré mon jeune âge et ma méconnaissance, à l’époque, des ABC de la lecture en langue arabe, je m’employais à imiter uniquement ce que faisaient les membres de ma famille », a-t-elle expliqué.

Et d’ajouter que ses parents ont, heureusement, très vite remarqué son intérêt croissant et sa passion grandissante pour la lecture, précisant qu’ils ont toujours veillé à bien l’orienter et à l’aider à canaliser ses capacités, en commençant par lui acheter des bandes dessinées avec lesquelles, elle a entamé son long périple pour apprendre la lecture jusqu’à devenir capable de maîtriser la prononciation de l’alphabet arabe.

Avec l’avancée de Khaoula en âge et sa maîtrise des ABC de la langue arabe, cette jeune en herbe est devenue assoiffée de lecture à tel point qu’elle ne se contentait plus des livres ou des classiques de la littérature dédiée à l’enfance. Elle a, ainsi, décidé de plonger dans l’univers magique des romans, tous genres confondus, et des recueils de poèmes.

Outre l’apport considérable de ses parents pour l’ancrage de cette passion pour la lecture, Khaoula El Filahi a tenu à rendre hommage à ses enseignants qui l’ont guidé et incité à persévérer sur le même chemin et dans le domaine de l’écriture, malgré son parcours scolaire scientifique (sciences physiques-option français), qui est totalement à l’opposé de sa passion d’enfance.

Elle a, dans ce sens, indiqué que ses études scientifiques n’ont pas impacté son amour pour la langue arabe, rappelant avoir déjà participé à des compétitions scolaires et littéraires, dont la dernière en lice est le concours « Défi de la lecture arabe » au cours duquel, elle a remporté la première place sur les plans local et régional.

S’agissant de sa participation à ce prestigieux concours, Khaoula a fait savoir que c’est l’un de ses professeurs au lycée, convaincu de sa capacité à réaliser un grand exploit lors de cette épreuve, qui était derrière son inscription à cette compétition, tout en précisant avoir favorablement accueilli, au début, sa participation à ce concours qui jouit d’une grande renommée et d’une importante couverture médiatique à l’échelle arabe.

Toutefois, a-t-elle enchaîné, elle avait deux défis à relever : participer et honorer le système d’éducation et de formation à Youssoufia, d’une part, et couronner son parcours scolaire par l’obtention du baccalauréat avec une bonne mention, de l’autre.

Grâce à son ambition et à son assiduité, Khaoula a décroché, haut la main, son baccalauréat avec « mention très bien » et a fait honneur à la direction provinciale de l’éducation nationale de Youssoufia lors dudit concours, en réussissant à passer avec succès les éliminatoires locales au niveau des établissements scolaires, disputées fin février et début mars juste avant l’instauration du confinement sanitaire.

En raison de la conjoncture induite par la propagation de la Covid-19, les éliminatoires provinciales ont été reportées au mois d’août dernier, au cours desquelles, Khaoula a décroché le premier rang au niveau de la direction provinciale, avant de prendre part, le 25 septembre, aux éliminatoires régionales organisées à Marrakech, et de remporter la première place, synonyme de qualification à la compétition nationale.

« J’ai reçu, avec une joie incommensurable, la nouvelle de ma performance lors des éliminatoires régionales, surtout que les questions du jury étaient très difficiles et souvent provocatrices », s’est-elle réjouie, sans oublier, a-t-elle dit, les conditions de participation au concours, qui était scindé en cinq phases, dont chacune comprenait la lecture de 10 livres et l’élaboration de leurs résumés.

Et de relever que les éliminatoires nationales prévues le 23 octobre s’annoncent « très rudes », avec la participation des qualifiés issus des autres régions du Royaume, qui ont fait montre, eux aussi, de leur immense talent dans le domaine de la lecture et de la littérature.

Abordant ses débuts avec la lecture, la jeune fille, qui poursuit actuellement ses études dans l’un des établissements universitaires de la cité ocre, a expliqué qu’elle avait un grand penchant pour le roman qui lui permettait de vivre l’histoire et d’imaginer ses personnages, mais en avançant en âge, elle a commencé à changer petit à petit d’orientation, en se focalisant plus sur les livres de pensée dans les différents domaines (politique, histoire ou autres), car ils lui permettent de s’épanouir et de découvrir d’autres champs cognitifs et d’enrichir son vocabulaire avec des termes et des mots appartenant à d’autres pans de la connaissance.

Par ailleurs, elle n’a pas caché sa volonté de s’orienter vers l’écriture et de vivre cette nouvelle expérience, rappelant avoir à son actif quelques tentatives d’écriture de nouvelles et d’articles publiés sur les différents supports électroniques.

Evoquant la question de la faible pratique de la lecture au sein de la société, la jeune Khaoula a souligné que les chiffres et les taux publiés par les autorités concernées sont « parfois terrifiants et impressionnants », mais cela n’empêche pas l’émergence, de temps à autre, d’une lueur d’espoir, grâce à de jeunes talentueux qui « nous permettent de rêver d’un avenir meilleur pour notre relation avec le livre ».

Elle a, dans ce sillage, affirmé que le rapport de la jeunesse marocaine avec le livre s’est grandement amélioré, comme en témoigne le sacre de Maryem Amjoun lors du concours du « Défi de la lecture arabe » et la participation distinguée de Fatima Zahra Akhiar et d’autres lecteurs et lectrices marocains aux précédentes éditions, qui ont fait leurs preuves devant des jurys étrangers.

Et Khaoula El Filahi de conclure que l’initiation des générations montantes à la pratique de la lecture commence, d’abord, au sein de la famille, premier noyau de la société et, ensuite, dans les établissements scolaires, à travers l’organisation d’activités incitant à la lecture, précisant que l’Homme a besoin de renouveler ses idées par l’exercice de la lecture afin de nourrir et d’enrichir sa pensée et de continuer la vie de manière normale.