L’adoption du Pacte mondial sur la migration, « un acquis important du multilatéralisme » (Madeleine Albright)

Marrakech, 11/12/2018 (MAP) – L’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, premier document à aborder la question migratoire dans sa globalité, constitue “un acquis important du multilatéralisme”, a souligné, lundi à Marrakech, l’ancienne secrétaire d’État américaine, présidente de « Albright Stonebridge Group », Madeleine Albright.

“Je tiens à féliciter tous ceux qui sont venus au Maroc pour soutenir le Pacte mondial sur les migrations des Nations unies. Son adoption représente un acquis important du multilatéralisme et une avancée majeure compte tenu de la situation politique actuelle”, a indiqué Mme Albright, qui intervenait lors d’un dialogue intitulé « Promouvoir l’action sur les engagements du Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière », organisé dans le cadre de la Conférence Intergouvernementale sur la migration, qui se tient à Marrakech (10 – 11 décembre).

Les gens décident d’immigrer vers d’autres pays pour des raisons tout à fait valables, bien qu’ils préfèrent rester là où ils ont de la famille, où leurs noms sont connus et où leurs coutumes sont acceptées, a affirmé Mme Albright.

La présidente de « Albright Stonebridge Group” a ajouté à ce propos que les raisons qui poussent certaines personnes à quitter leurs pays pour aller s’installer ailleurs sont multiples, dont le non-respect des droits fondamentaux, la misère, la violence, les guerres et les conflits armés.

“Certains imputent la problématique de la migration aux politiques migratoires elles mêmes, mais les causes de la crise sont beaucoup plus nombreuses et complexes, notamment la mauvaise gouvernance, le changement climatique et les réalités économiques et démocratiques fondamentales, a-t-elle expliqué.

Albright a relevé, à cet égard, que la migration est par nature un phénomène international, qui ne peut être résolu par le biais de la seule coopération internationale, faisant observer que “c’est la raison pour laquelle nous sommes justement réunis ici à Marrakech”.

Par ailleurs, l’ancienne secrétaire d’Etat américaine a indiqué que le succès du Pacte mondial sur les migrations dépend des mesures concrètes qui seront prises et de la façon dont elles seront intégrées dans les objectifs de développement durable (ODD) fixés par l’ONU, appelant les principales parties prenantes (gouvernements, société civile, secteur privé, système des Nations Unies …) à apporter leur expertise et présenter des idées constructives pour juguler efficacement le phénomène de la migration clandestine.

“La possibilité d’une migration légale devrait être offerte. Le droit au statut de réfugié doit être accordé aux personnes qui craignent d’être persécutées dans leur pays, les trafiquants qui tirent profit de la misère des migrants devraient être poursuivis, les femmes et les enfants devraient être protégés et les hommes politiques qui surfent sur la question de la migration pour des raisons politiciennes devraient être mis à nu, a-t-elle dit.

La présidente de « Albright Stonebridge Group » a en outre fait remarquer que la migration est l’une de ces questions complexes de politique publique pour lesquelles il n’existe pas de réponse unique et immédiate, soulignant que c’est “une responsabilité partagée”.

“Les défis liés à la migration ne peuvent être relevés faute d’une coopération internationale efficace”, a-t-elle assuré, notant que “la seule façon de régler cette question est de recourir à des instruments à l’image du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières”.

La conférence intergouvernementale sur la migration connait la participation d’au moins 150 États membres. Outre des responsables gouvernementaux, plus de 700 partenaires, y compris des représentants de la société civile et des secteurs publics ainsi que des migrants prennent part aux discussions sur les opportunités de partenariats innovants, les possibilités de coopération et les initiatives transversales avec les gouvernements.

Le Pacte mondial pour des migrations sures, ordonnées et régulières, adopté formellement lors de la conférence de Marrakech, a été salué comme « une réalisation importante » et un document complet visant à mieux gérer les migrations internationales, à relever leurs défis et à renforcer les droits des migrants tout en contribuant au développement durable.