Le Conseil provincial examine le bilan des investissements agricoles

Chichaoua – Le conseil provincial de Chichaoua, réuni mercredi en session extraordinaire, a examiné le bilan des investissements réalisés dans le domaine agricole durant la période 2009-2019, ainsi que leur impact sur la nappe phréatique au niveau de la province.

Lors de cette réunion, tenue en présence notamment de M. Saïd El Mouhajiri président du conseil provincial et du gouverneur de la province, M. Bouabid El Guerrab, le directeur provincial de l’agriculture, Tariq Touimi a présenté des données générales sur les terres agricoles, les investissements agricoles réalisés, les contraintes liées à l’investissement outre des propositions de solutions.

Ainsi, le responsable a précisé que les terres arables à l’échelle de la province s’élèvent à 258.570 ha, ajoutant que les investissements du Fonds de Développement Agricole (FDA) dans la province au cours de la période 2009-2019 ont atteint 2,680 millions de DH, ayant concerné une superficie totale de cultures de 24.700 ha, où sont utilisées les techniques d’irrigation de goutte à goutte ou dédiées aux arbres fruitiers qui représentent environ 60% de l’investissement global.

M. Touimi a, d’autre part, abordé l’impact économique et social des différentes cultures dans la province, qui ont réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 1,499 million de DH, et généré 1.691.500 jours de travail au profit des populations locales.

Il s’est également attardé sur l’impact environnemental de ces cultures après le recours à l’économie d’eau d’irrigation (irrigation par aspersion ou par le goutte à goutte), notant que l’adoption de ces techniques permet d’économiser 51,75 millions de m3 par an, répartis entre les cultures d’oliviers, d’agrumes, de pastèques et melons jaunes, d’haricots, de petits-pois et d’abricots ainsi que d’autres légumes.

Par la suite, les membres du conseil ont examiné les principales contraintes au développement des investissements agricoles dans la province, en particulier la succession des années de sécheresse, la problématique du foncier (la majorité des investissements réalisés dans des terres collectives), le marché informel et la multiplicité des intermédiaires, ainsi que l’absence d’organisations professionnelles des filières de production et d’unités de valorisation.

Dans ce sillage, des propositions de solutions ont été présentées, notamment la continuité du soutien de l’Etat à l’usage des techniques d’économie d’eau d’irrigation, la sensibilisation à l’utilisation des cultures à faible consommation d’eau d’irrigation (caroube, quinoa, cactus, plantes aromatiques et médicinales…), et l’engagement d’une réflexion pour le renforcement de l’offre hydrique dans la province, à travers la construction de barrages et le dessalement de l’eau de mer en partenariat avec les départements ministériels concernés.

Les solutions suggérées ont également porté sur la melkisation des terres collectives, objet des investissements agricoles, au profit des ayant droits et des investisseurs, la promotion des investissements pour la mise en place d’unités de valorisation (unités de refroidissement et d’emballage), la structuration de la commercialisation par la création d’un marché municipal pour les fruits et légumes, ainsi que l’accompagnement des producteurs à travers la création d’organisations professionnelles des filières de production.

Par ailleurs, l’ordre du jour de cette session comportait l’approbation de la programmation de l’excédent réel au titre de l’année financière 2019, estimé à 5,187 millions de DH, ainsi que du transfert de crédits de l’ordre de 5,47 millions de DH.

Le Conseil a, en outre, approuvé la modification du programme d’aménagement et de restauration des clôtures de 22 établissements scolaires, mené en partenariat avec la Direction provinciale de l’Education nationale à Chichaoua, pour un coût global de 2,780 millions de DH.