Les dynamiques atlantiques doivent être davantage développées pour faire face à l’environnement instable que traverse le monde (M. Jazouli)

Marrakech, 13/12/2018 (MAP)- Les dynamiques atlantiques doivent être davantage développées dans ce contexte particulier et cet environnement instable que traverse le monde actuellement, a affirmé, jeudi à Marrakech, le ministre délégué chargé de la Coopération africaine, M. Mohcine Jazouli.

Intervenant à l’occasion de la 7ème édition de la Conférence internationale « Atlantic Dialogues », initiée par le « Policy Center for the New South » (PCNS) sous le thème « Dynamiques atlantiques: surmonter les points de rupture », M. Jazouli a souligné que ces dynamiques doivent être confortées surtout dans cette conjoncture difficile que traverse le monde, en raison notamment des conflits, de la récession, de l’extrémisme, de la pauvreté et des changements climatiques.

« Ce n’est qu’en repensant et en redéfinissant les dynamiques atlantiques que nous serons capables de promouvoir un sentiment d’appartenance, de créer une communauté forte et de façonner notre destin commun », a-t-il lancé devant un aréopage de personnalités de haut rang, notamment l’Ambassadeur de SM le Roi aux Etats-Unis, Lalla Joumala Alaoui, M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi, et Mme Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’Etat américaine et présidente de « Albright Stonebridge Group », outre plusieurs anciens ministres et diplomates issus de différents pays.

Après avoir rappelé que l’Atlantique est devenu central dans la construction de la richesse européenne, pour se retrouver au cœur de la géopolitique du XXème siècle sous le nom d’atlantisme et de la création de l’OTAN, le ministre a relevé que l’Afrique et l’Amérique Latine n’ont pas encore été pleinement intégrées à ces dynamiques pour mieux les enrichir et les compléter, tout en déplorant le manque de communication et de coopération entre les rives sud de l’océan.

Dans ce sens, il a indiqué que le Pacifique est devenu un espace prédominant pour l’économie et la géopolitique au détriment de l’Atlantique, à la faveur d’une ferme volonté, d’un leadership et d’une vision claire, ajoutant que les continents du sud de l’Atlantique sont davantage préoccupés par des questions intracontinentales.

A ce propos, il a insisté sur l’impératif de développer une vision commune et de mettre en place une feuille de route claire pour élargir et renforcer la coopération atlantique, aussi bien « Sud-Sud » que « Nord-Sud ».

En dépit de ces points de rupture, a-t-il poursuivi, il est nécessaire de prendre le temps de réfléchir aux défis communs, se disant convaincu de l’importance de l’action commune pour consolider davantage cette coopération.

« Quelles que soient nos différences, nous devons en faire une force plutôt qu’un handicap », a-t-il affirmé, précisant que la diversité constitue une « véritable force ».

« Nous sommes tous confrontés aux mêmes menaces liées aux changements climatiques, au stress hydrique, à la désertification, aux menaces de sécurité et à l’extrémisme », a-t-il expliqué, faisant remarquer que « ces menaces, qui n’ont pas de frontières, engendrent des conséquences qui nous concernent tous: que nous soyons du Nord ou du Sud, de l’Est ou de l’ouest de l’Atlantique ».

« Pour s’engager véritablement dans les dynamiques atlantiques, nous devons nous assurer que celles-ci incluent davantage la rive sud. En étant plus inclusifs, nous allons activer le dialogue Est-Ouest, Nord-Sud et Sud-Sud et répondre à nos défis communs par la consultation et la coopération », a souligné M. Jazouli, estimant qu’une telle collaboration requiert la tenue, de manière plus fréquente, de réunions et de forums bilatéraux et multilatéraux.

Et le ministre de soutenir qu' »en s’attaquant aux menaces urgentes, les dynamiques atlantiques peuvent également être une source de richesse, de développement et de prospérité commune pour tous nos pays », faisant observer que « la communauté atlantique a besoin de canaliser suffisamment de ressources pour investir dans l’avenir des pays d’Afrique et d’Amérique Latine, seul moyen d’assurer la stabilité de notre espace géographique ».

Mettant en avant la place de l’Afrique dans les dynamiques atlantiques, M. Jazouli a indiqué que ce Continent offre aujourd’hui de plus en plus d’opportunités aux investisseurs et doit jouer un rôle central dans ces dynamiques, ajoutant que « l’Afrique est la nouvelle frontière du développement et de la croissance ».

Dans ce sens, le ministre a mis en relief l’engagement infaillible du Maroc en faveur de l’émergence de l’Afrique, conformément à la vision clairvoyante de SM le Roi Mohammed VI, soulignant la position géostratégique du Royaume en tant que porte d’entrée du Continent et son rôle agissant dans l’ancrage de l’Afrique dans les dynamiques atlantiques.

Il a aussi précisé que le Royaume a contribué à façonner le partenariat EuroMed mis en place par le Processus de Barcelone, et renforcé ultérieurement par l’Union pour la Méditerranée, estimant que ces initiatives ont rapproché les deux rives du bassin méditerranéen et favorisé l’établissement d’accords de libre-échange avec l’Union européenne.

« Nous devrions tirer avantage de ce processus pour promouvoir la coopération entre l’Afrique et l’Amérique Latine et créer des plateformes de dialogue », a-t-il plaidé.

Il a, par ailleurs, invité les participants à cette conférence internationale à oeuvrer pour le rapprochement des côtes atlantiques en faisant des propositions concrètes et en imaginant de nouveaux mécanismes et plateformes de coopération, tout en ayant à l’esprit la conférence sur la coopération Sud-Sud qui se tiendra en Argentine en mars 2019.

Et de conclure que « Atlantic Dialogues » devrait tirer avantage du fait que ce conclave réunit des dirigeants, d’éminents penseurs et des influenceurs pour mettre en place des propositions concrètes avant la Conférence de Buenos Aires.

Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la 7ème édition de la Conférence internationale « Atlantic Dialogues », organisée par le Think Tank « Policy Center for the New South », connaît la participation de 350 conférenciers en provenance de 90 pays.