Les innovations technologiques doivent être transparentes et en plein accord avec le respect des droits humains fondamentaux (DG de l’UNESCO)

Benguerir, 12/12/2018 (MAP), Les innovations technologiques doivent être transparentes et en plein accord avec le respect des droits humains fondamentaux, a souligné mercredi, à Benguerir, la directrice générale de l’UNESCO, Mme Audrey Azoulay.

« Les innovations technologiques doivent être transparentes et en plein accord avec le respect des droits humains fondamentaux : respect de la vie privée, protection des données, libre accès à l’information, liberté d’expression, de choix et de conscience », a-t-elle ajouté à l’ouverture des travaux du Forum sur l’intelligence artificielle en Afrique.

Mme Azoulay a appelé aussi à s’assurer que les stéréotypes sociaux et culturels, les biais racistes ou de genre, ne soient pas intégrés dans les programmations ou que les algorithmes ne limitent pas la diversité des expressions culturelles.

Et de relever la nécessité de développer les capacités au discernement, proposer de nouvelles pédagogies, plus personnalisées, pour renforcer les consciences citoyennes, notant que l’intelligence artificielle (IA) a transformé en profondeur nos façons de communiquer, de produire et de partager de l’information.

Toutefois les citoyens doivent être sensibilisés à un usage raisonné des médias, et à la nécessité de promouvoir des systèmes d’information pluralistes, libres et indépendants, a-t-elle insisté.

Dans ce cadre, Mme Azoulay a appelé à surmonter les disparités géographiques, résorber les inégalités d’accès et de compétence dans l’univers digital, mieux inclure les jeunes femmes dans les formations scientifiques et la recherche, mettre en place des politiques publiques qui mobilisent les technologies issues de l’IA pour répondre aux défis du continent et développer des infrastructures de recherche, former un personnel de pointe et participer pleinement à la collecte, à la gestion des données utilisables par l’IA.

Par ailleurs, elle a fait remarquer que l’IA peut ouvrir de nouvelles voies pour la mise en œuvre de la priorité Afrique de l’UNESCO, comme pour la réalisation des Agendas 2030 de l’ONU et 2063 de l’Union africaine, notant que les sociétés africaines ont très vite pris conscience de l’importance de l’IA et de ses promesses puisque l’Afrique compte plusieurs pôles d’excellence qui en sont dédiés.

Elle a en outre, relevé que l’UNESCO travaille à mettre l’IA au service du développement durable, annonçant l’établissement de la première Chaire UNESCO sur l’intelligence artificielle au University College de Londres, qui portera sur l’intelligence artificielle pour le développement durable.

Mme Azoulay a mis en exergue les avantages de l’IA et des avancées technologiques, qui ont déjà permis d’apporter des solutions dans de nombreux domaines tels que le patrimoine, l’agriculture, la culture, l’éducation, la santé et les sciences de l’environnement.

Dans ce cadre, elle a fait remarquer que le Royaume possède des réserves de biosphère inestimables : l’Arganeraie dans la région de Souss-Massa, ou la cédraie de l’Atlas, qui concentre près de 75% des cèdres du monde, et où des applications d’intelligence artificielle pourraient permettre de meilleurs traitements pour la régénération des forêts, a-t-elle dit.

Organisé par l’UNESCO et l’université Mohammed VI Polytechnique en partenariat avec les Etats membres de l’UNESCO, l’Union africaine (UA), les Communautés économiques régionales (CER) en Afrique, l’Office chérifien des phosphates (OCP) et sa Fondation, Microsoft Afrique, le Centre international de la communication culturelle de Chine, ce forum comporte des sessions plénières et des ateliers thématiques, qui orienteront la réflexion sur les différentes dimensions de l’IA dans le contexte africain.

Cette rencontre ambitionne faire un état des lieux de l’intelligence artificielle sur le continent africain, dessiner les perspectives, placer l’Afrique au cœur de la réflexion mondiale sur les enjeux et les opportunités de cette révolution technologique.

Elle révélera aussi l’intérêt de l’IA en tant que levier de développement et mettra notamment en exergue l’importance des politiques publiques dans le développement éthique de la nouvelle technologie.

Les participants à ce forum débattent de thématiques se rapportant à « l’IA en Afrique : enjeux, défis et opportunités », « Quel avenir pour l’IA en Afrique », « l’accès universel à l’information et au savoir et l’IA en Afrique » et « l’IA, levier de développement pour la jeunesse en Afrique ».