L’INDH au chevet des personnes vulnérables

Chichaoua – Le Centre d’hébergement des personnes en situation de précarité, réalisé dans le cadre des projets phares de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) au niveau de la province de Chichaoua, se veut une illustration éclatante de la solidarité agissante en faveur de cette couche sociale.

Projet ultramoderne, doté de l’ensemble des équipements nécessaires à même de permettre d’accueillir les personnes vulnérables dans d’excellentes conditions et de leur permettre de bénéficier d’un séjour temporaire de qualité, ainsi que d’une série d’activités de sensibilisation, de formation, et d’information, ce Centre, qui a nécessité une enveloppe budgétaire de plus de 2,5 millions de DH, sert de modèle à suivre au niveau de la province de par les missions qui lui sont dévolues mais aussi, en matière de gestion pragmatique et bien pensée.

D’une capacité d’accueil de 60 lits, le Centre d’hébergement des personnes en situation de précarité assure trois types d’hébergement à savoir : l’hébergement d’urgence, l’hébergement d’insertion et de réinsertion, ou encore l’hébergement durant la saison hivernale.

En d’autres termes, le Centre bénéficie à trois catégories sociales en situation de vulnérabilité et de précarité à savoir : Les adolescents (es) bénéficiaires de la formation de l’école de la deuxième chance, les femmes en situation difficile et les personnes sans-abri durant la période hivernale.

Réalisé dans le cadre d’un partenariat exemplaire entre l’INDH et le Conseil communal de Chichaoua, ce Centre étalé sur une superficie totale de 1.073 m2 compte plusieurs dépendances, dont des dortoirs, un réfectoire, un salon, une cuisine, une infirmerie, une salle de prière, des dépendances administratives, outre un jardin, un atelier de couture, et une salle de kinésithérapie.

Les activités de ce Centre, dont la gestion est confiée à l’Association « Anaouat pour femmes et enfants » sont diverses. Depuis plusieurs années, il a été procédé au lancement des programmes « Alpha » et « Alpha+ », sur une durée de deux ans, destinés aux femmes analphabètes afin de les initier à la lecture et à l’écriture, a expliqué à la MAP, Mme Amina Byouz, présidente- fondatrice de ladite Association, relevant qu’il s’agit également de permettre aux bénéficiaires d’apprendre un métier (cuisine, couture).

L’objectif principal de ces programmes qui relèvent d’une stratégie de travail bien ficelée de ladite Association est de permettre aux bénéficiaires de mener à terme une activité génératrice de revenu (AGR), ce qui favorisera leur autonomie financière et leur insertion socioprofessionnelle, a-t-elle poursuivi, faisant savoir que depuis 2019, il a été procédé à la création de deux formations au sein de ce Centre.

« Il s’agit d’une formation au profit des jeunes de l’Ecole de la seconde chance avec quelque 37 adolescents (es) âgés entre 14 et 18 ans, qui bénéficient de cours théoriques au sein de cette structure. En parallèle, plusieurs entreprises de divers secteurs les accueillent pour l’apprentissage d’un métier », a relevé Mme Byouz.

Une formation complète est dispensée aussi au sein du Centre dans le cadre de l’éducation informelle, et profite à un groupe d’enfants âgés de 11 à 14 ans. Les modules proposés concernent des cours en arabe, français, mathématiques, anglais, culture, initiation aux droits humains, informatique, et éducation physique, a-t-elle ajouté.

In fine, notre mission ne consiste pas uniquement à assurer l’hébergement des catégories sociales en situation de précarité, mais également leur insertion ou réinsertion sociale et professionnelle, a-t-elle insisté.

« Nous travaillons sur le projet de vie, surtout, pour les jeunes ainsi que sur l’autonomisation économique et sociale des femmes en situation de précarité. Notre vision au niveau du Centre est très ouverte et nous veillons à trouver des solutions appropriées aux différentes formes de précarité, c’est pour cela nous concoctons des programmes bien définis en fonction des besoins des personnes ciblées », a-t-elle conclu.

La création de ce Centre fait suite à un besoin pressant au niveau de la province de Chichaoua et qui consistait à trouver des solutions immédiates et appropriées aux difficultés rencontrées par certaines personnes vulnérables à savoir : celles âgées, les sans domiciles fixes (SDF), les femmes violentées ou encore celles célibataires, a rappelé, quant à lui, M. Salem Loudini, chef de la Division de l’Action Sociale (DAS) à la préfecture de la province de Chichaoua.

« L’objectif donc est d’intervenir à la faveur de ces catégories sociales vulnérables en attendant de les faire bénéficier de l’assistance sociale et d’oeuvrer pour leur réinsertion sociale », a expliqué M. Loudini dans une déclaration similaire, louant au passage l’excellente expérience dont jouit l’Association « Anaouat pour femmes et enfants » en matière de gestion de ce Centre ainsi que des partenariats qu’elle a pu tisser.

Ce projet qui bénéficie d’une attention particulière de la part des autorités provinciales et à leur tête le gouverneur de la province, M. Bouabid El Guerrab, a joué un rôle majeur lors de l’état d’urgence sanitaire décrété par les autorités compétentes pour enrayer la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus, à travers l’hébergement d’une quarantaine de personnes parmi les proches des patients atteints de la Covid-19 ou encore, de personnes en situation de la rue, s’est-il félicité.

M. Loudini a passé en revue également une série d’activités d’information, de sensibilisation, d’accompagnement, outre des formations bien pensées, dispensées au sein de ce Centre notamment au profit des jeunes de l’école de la seconde chance, lesquels, a-t-il dit, bénéficient de cours de soutien outre un appui pédagogique et psychologique soutenu.

« Notre objectif est que la mission de ce Centre ne soit pas limitée uniquement à l’hébergement mais s’étend aux domaines de la formation, de la sensibilisation, de l’orientation et de l’encadrement, afin de trouver des solutions appropriées au profit de ces couches sociales vulnérables et de préparer leur insertion socioprofessionnelle », a-t-il expliqué, rappelant que Sa Majesté le Roi Mohammed VI accorde, dans le cadre de la 3è Phase de l’INDH (Programme 2) un intérêt tout particulier à l’accompagnement des personnes en situation de précarité.

L’accompagnement des personnes en situation de précarité se décline en trois axes majeurs à savoir : l’assistance (personnes nécessitant uniquement de l’aide : personnes âgées, personnes pauvres, patients souffrant d’insuffisance rénale…), la protection (enfants abandonnés, ceux en situation de la rue…) et enfin celui de la réintégration sociale notamment pour les personnes ayant des difficultés sociales (femmes violentées….etc), a précisé M. Loudini en guise de conclusion.