Malika Assimi présente à Marrakech son dernier ouvrage

Marrakech – L’écrivaine et poétesse marocaine, Malika Assimi a présenté vendredi soir, à Marrakech, son dernier ouvrage « Encyclopédie de la civilisation de Marrakech entre deux temps » en présence d’une pléiade de chercheurs, de critiques littéraires, d’écrivains et d’intellectuels.

Cet ouvrage paru aux éditions Dar Abi Rakrak et publié avec le soutien du ministère de la culture et de la jeunesse et des sports-département de la culture, explore la culture, la civilisation de Marrakech et les mutations urbanistiques survenues dans cette ville millénaire.

« Cette publication vise à transpercer, dévoiler et documenter les aspects artistiques, de créativité et de beauté, certaines valeurs culturelles et civilisationnelles disparus ou menacés de disparition ainsi que les facteurs ayant précipité cette disparition, mais aussi certains aspects positifs apportés par la modernité », a souligné l’auteure de cette encyclopédie lors de cette rencontre initiée par le Centre de développement de la région du Tensift (CDRT) et animée en plus de Malika Assimi, par les professeurs Hamid Mansoum, Abdelaziz Ait Bensaleh et Mohamed Bouabd.

« Ce livre tente aussi de contribuer à proposer des alternatives pour le traitement de certaines problématiques dont fait face la cité ocre », a-t-elle ajouté.

« Dans cet ouvrage, j’ai voulu tiré l’attention sur la position stratégique de la ville ocre et son ouverture sur les influences issues de plusieurs parties du monde (Europe, Afrique et l’Orient) et l’impact de ce facteur sur la culture et la vie des Marrakchis, tiré l’attention aussi sur le climat et son impact sur les habitants de cette ville et enfin sur les trésors dont regorge Marrakech à tous les niveaux », a-t-elle insisté.

Bref, « cette publication est un ouvrage de recherche, de documentation, d’exploration, de critique, de valorisation et de proposition », a estimé Mme Assimi.

Cette « encyclopédie » se compose de trois parties. La première, consacrée au climat et environnement de Marrakech, aborde les caractéristiques environnementales et climatiques de cette ville, la question de l’eau, les ressources hydriques et les sciences de l’eau dans cette ville, les espaces verts (les jardins, les arsat, les jnane), ses récoltes diverses, sa faune, sa flore et ses animaux domestiques et sauvages entre autres.

Cette partie se termine sur une analyse de l’impact de ce climat et environnement sur Marrakech et la psychologie et la personnalité de ses habitants ainsi que les caractéristiques culturelles, artistiques et psychologiques des Marrakchis et leur penchant vers l’humour et la gaieté (Bahja).

La deuxième partie intitulée « nzaha » (balade, excursion) aborde les impacts culturels et civilisationnels du climat de Marrakech et son environnement sur les habitants, notamment la tradition ancestrale de la « nzaha ».

L’auteure commence par répondre à la question pourquoi cette tradition (nzaha) est ancrée et largement en vogue à Marrakech ?, expliquant les types de nzaha à Marrakech, leurs rites, les caractéristiques de cette tradition qui célèbre la nature, les mets accompagnant ces ballades, les activités pratiquées lors des nzahas (chansons, humour, jeux, sports dédiées à chaque catégorie : femmes, enfants et hommes).

Cette partie est agrémentée de magnifiques photos de Jemaa Fna et les figures de proue qui ont marqué cette mythique place, classée patrimoine immatériel de l’humanité.

La troisième partie intitulée « les lois et réglementations de l’urbanisme et l’aménagement des territoires au Maroc au passé et au présent », jette la lumière sur le plan d’urbanisme et l’architecture de Marrakech, les références, lois et réglementations promulguées par les Almoravides et les dynasties qui régnèrent après cette dynastie fondatrice de la ville afin d’organiser l’urbanisme dans cette cité.

La partie analyse les dysfonctionnements survenus dans la gestion de cet urbanisme et leurs répercussions sur le climat et l’environnement et par ricochet, sur la culture et la civilisation de Marrakech.

La partie insiste sur la nécessité de moderniser l’urbanisme dans le cadre du « dialogue des civilisations » ainsi que les exigences de la formation des ingénieurs et architectes du Maroc afin de rationaliser leurs interventions dans ce domaine.

Elle aborde aussi la question les lois promulguées par les autorités du Protectorat pour planifier et urbaniser Marrakech et met en exergue les aspects de la nouvelle anarchie dans le traitement de la croissance démographique et territoriale et le traitement du patrimoine.

Il s’agit de tirer l’attention sur les infractions qu’ont connues la médina, la nouvelle ville (Guéliz) et l’anarchie liée à l’extension urbanistique.

La partie propose un modèle urbanistique et un projet d’aménagement du territoire au Maroc tout en présentant l’expérience d’aménagement du territoire dans le patrimoine marocain et l’expérience des villes-satellites.

Cette partie est également agrémentée de photos représentatives de la thématique traitée par l’auteure.

A rappeler que le noyau de cette étude a été réalisé en 1980 et a été publié par le quotidien « Al Alam » en juillet 1985.

Malika Assimi est chercheuse à l’Institut Universitaire de la Recherche Scientifique (IURS) relevant de l’Université Mohammed V-Souissi de Rabat. Elle a occupé plusieurs postes éducatifs, politiques, sociaux, civiles et internationaux.

Malika Assimi est également une militante et acteur dans les champs culturel, politique et social.

Elle a publié plusieurs ouvrages dans les domaines politiques, études féminines et sociales, des études anthropologiques et dans le domaine de la culture populaire.