Marrakech: Eclairage sur l’adoption formelle du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

Marrakech, 10/12/2018 (MAP)- Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a été formellement adopté, lundi à Marrakech, lors de la conférence intergouvernementale de l’ONU sur la Migration qui se tient dans la ville ocre les 10 et 11 décembre.

A cette occasion, l’Assemblée générale a réaffirmé, dans sa résolution 72/244, la décision selon laquelle la Conférence intergouvernementale de Marrakech donnerait lieu à l’adoption d’un document final négocié et convenu au niveau intergouvernemental, intitulé « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », qui se veut le fruit des négociations intergouvernementales tenues en application de sa résolution 71/280.

Le document dont le libellé a été approuvé lors des négociations intergouvernementales tenues le vendredi 13 juillet 2018 en application de la résolution 71/280 et dirigées par les cofacilitateurs, M. Juan José Gómez Camacho (Mexique) et M. Jürg Lauber (Suisse), a été adopté conformément au paragraphe 6 b de la résolution 72/244.

Le présent Pacte mondial, qui repose sur les buts et principes consacrés par la Charte des Nations Unies, s’appuie sur plusieurs textes, à savoir la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, les autres instruments internationaux fondamentaux relatifs aux droits de l’homme, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, y compris le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, et le Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer.

Il s’inspire aussi de la Convention relative à l’esclavage et la Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en Afrique l’Accord de Paris, les conventions de l’Organisation internationale du Travail sur la promotion d’un travail décent et les migrations demain-d’œuvre.

Sans oublier le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le Programme d’action d’Addis-Abeba issu de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement, le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030) et le Nouveau Programme pour les villes.

A ce titre les Etats signataires se sont engagés à rédiger un pacte mondial sur les réfugiés et à mettre en oeuvre le présent Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, dans le cadre de deux processus distincts. Ensemble, les deux pactes mondiaux établissent des cadres de coopération internationale complémentaires, conformément aux objectifs auxquels ils doivent chacun permettre de répondre en vertu de la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants, dans laquelle il est reconnu que les migrants et les réfugiés sont confrontés à beaucoup de difficultés et de vulnérabilités communes.

En effet, ce document marque une étape importante dans l’histoire du dialogue mondial et de la coopération internationale concernant les migrations. Il fait fond sur le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et le Programme d’action d’Addis-Abeba, et tient compte de la Déclaration adoptée en octobre 2013 à l’issue du Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement.

Il s’agit aussi d’un pacte qui établit un cadre de coopération juridiquement non contraignant, qui repose sur les engagements convenus par les États Membres dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants. Il favorise la coopération internationale en matière de migration entre tous les acteurs compétents, sachant qu’aucun État ne peut gérer seul la question des migrations, et respecte la souveraineté des États et les obligations que leur fait le droit international.

Ce Pacte mondial offre un panorama à 360 degrés des migrations internationales et part du principe que l’adoption d’une démarche globale est nécessaire afin d’optimiser l’ensemble des avantages de la migration, tout en tenant compte des risques et des difficultés auxquels elle donne lieu pour les individus et les communautés des pays d’origine, de transit et de destination. Aucun pays ne peut seul relever les défis que pose ce phénomène mondial ni saisir les occasions qu’il offre.

Grâce à cette démarche globale, la communauté internationale vise à faciliter des migrations sûres, ordonnées et régulières, tout en réduisant l’incidence et les répercussions négatives de la migration irrégulière grâce à la coopération internationale et à l’ensemble de mesures proposé dans le présent Pacte mondial.

Ce texte sera soumis le 19 décembre à l’Assemblée générale pour sa mise en œuvre avec l’adoption d’une feuille de route à cet effet.