Nécessité de reconnaître l’œuvre des musulmans pour préserver les droits des juifs persécutés durant la seconde guerre mondiale (PDT du Mémorial de la Shoah)

Marrakech, 12/12/2018 (MAP)- Le président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, M. Eric De Rothschild, a souligné mardi à Marrakech, la nécessité de tirer des leçons de l’histoire et de reconnaître l’œuvre accomplie par certains gouvernants et personnalités de pays arabo-musulmans, en particulier le Maroc, pour préserver la vie et les droits de juifs persécutés par l’Allemagne nazie lors de la seconde guerre mondiale.

M. De Rothschild, qui intervenait lors d’une conférence internationale, de deux jours, sur les thématiques de « l’importance de l’enseignement des leçons de l’histoire : l’Holocauste et les grandes tragédies de l’histoire » et « Honorer les Justes dans le monde musulman » a, en outre, relevé l’impératif d’œuvrer en vue de développer ces connaissances dans l’optique de bien informer le monde, afin d’éviter de commettre ce genre d’atrocités, mettant en avant les relations fortes qui unissent le Mémorial de Shoah et le Maroc.

Il a estimé indispensable de mettre l’accent sur les principes susceptibles de favoriser la lutte contre la haine et la xénophobie entre les peuples, et d’œuvrer pour une meilleure vulgarisation de la culture de la paix et du dialogue interreligieux, relevant que le monde vit actuellement des changements en profondeur dans divers domaines ce qui requiert, a-t-il dit, l’établissement de relations humaines fortes et imprégnées de paix et de tolérance.

M. De Rothschild n’a pas manqué, par ailleurs, de souligner l’intérêt de faire montre d’intelligence et d’efficacité dans l’éducation des générations montantes afin de les immuniser contre la pensée obscurantiste, et d’éviter ce genre d’atrocités humaines.

De son côté, l’ex-ministre français des affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner a exprimé son soutien fort au projet ‘’Aladin’’ qui met en relief l’histoire de l’extermination systématique de juifs (Holocauste) et jette la lumière sur la persécution commise à leur égard durant la seconde guerre mondiale, notant que ce projet honore les Justes du monde arabo-musulman qui ont œuvré pour sauver des juifs lors de cette période de l’histoire.

Dans la foulée, M. Kouchner a salué le rôle majeur tant joué par le Maroc ainsi que les actions louables menées en faveur des juifs durant de longues périodes de l’histoire , rappelant au passage, les génocides perpétrés contre plusieurs peuples et ethnies à travers le monde notamment, en Afrique.

Et de faire observer que ‘’Aladin’’ est un projet de portée universelle à saluer vivement car, permettant aux étudiants et aux citoyens d’écouter des témoignages et de découvrir et s’informer de certaines périodes de l’histoire de l’humanité, tout en prenant davantage conscience de ces événements tragiques et sombres.

Le directeur exécutif du projet ‘’Aladin’’, Abe Radkin a estimé, quant à lui, qu’il appartient au monde dans sa globalité de connaître la mémoire du ‘’Holocauste’’ durant laquelle des millions de juifs avaient perdu leur vie durant la seconde guerre mondiale, ainsi que les efforts déployés par des musulmans pour sauver d’autres juifs en proie à la violence, louant le rôle joué par plusieurs pays islamiques, dont le Maroc.

M. Radkin a, par ailleurs, donné un aperçu sur les missions principales du projet ‘’Aladin’’ visant à créer une cohésion au niveau des relations entre les cultures et surtout, entre juifs et musulmans, à vulgariser la connaissance et à jeter la lumière sur la réalité historique concernant le rôle tant assuré par des leaders et des citoyens musulmans qui, à l’époque, avaient fourni beaucoup d’aides aux juifs victimes du nazisme.

Le projet ‘’Aladin’’ a, en outre, étendu ses activités pour couvrir l’histoire des relations entre musulmans et juifs, tout en cherchant les meilleures voies pour faire découvrir à l’occident les cultures du monde islamique ainsi que sa riche et singulière civilisation.

Pour sa part, le président de l’Université Mohammed V de Rabat, Mohamed Rhachi, a rappelé que Feu SM Mohammed V avait, à travers Ses initiatives et Ses positions héroïques, exprimé Sa volonté de défendre la dignité humaine contre les actes barbares d’oppression et d’injustice, notant que ce ‘’Grand Souverain oeuvrait pour un monde serein, où la paix, la sécurité et le respect mutuel règnent et où, coexistent différents peuples, abstraction faite de leurs religions’’.

Et de poursuivre que l’histoire doit véhiculer les bonnes leçons, les valeurs et la connaissance pour guider les générations montantes et leur éviter de tomber dans les mêmes erreurs, celles commises à l’encontre de l’humain et de l’humanité par le passé, notant que cette conférence se veut une occasion pour mettre en lumière le rôle historique joué par les leaders des pays maghrébins et islamiques pour défendre les juifs et leur prêter assistance durant la seconde guerre mondiale.

Initiée dans le cadre du projet Aladin, par l’Université Mohammed V de Rabat, l’Université Cadi Ayyad de Marrakech (UCAM), en partenariat avec l’UNESCO, cette conférence se fixe pour mission la promotion du rapprochement culturel fondé sur la connaissance mutuelle, l’éducation et le respect de l’histoire, la primauté du dialogue et de la recherche de la paix sur la culture de l’affrontement et de la guerre.

Les débats gravitent autour de plusieurs thématiques ayant trait à « l’enseignement des leçons de l’Histoire, notamment celle de l’Holocauste, peut-elle sauver le monde d’un choc des cultures? », « Récits d’héroïsme: ces musulmans, qui ont sauvé des Juifs pendant l’Holocauste », »Soixante-dix ans plus tard, le monde a-t-il retenu les leçons de l’Holocauste? », « place des religions dans l’enseignement de l’Histoire et de l’éthique », « Les Juifs et les Musulmans au Maghreb : une histoire partagée », « Histoire et culture des Juifs d’Algérie et de Tunisie » et « la dimension juive de l’histoire et de la culture du Maroc ».

Lancé en mars 2009 sous le parrainage de l’UNESCO, le projet Aladin, rappelle-t-on, est soutenu par plus d’un millier d’intellectuels, universitaires et personnalités publiques représentant plus de 50 pays du Moyen-Orient, d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord.