Pacte sur la migration : Conférer une dimension éminemment humaine à l’approche migratoire, en toile de fond des débats et dialogues de la Conférence de Marrakech

Par Karim AOUIFIA..

Marrakech, 11/12/2018 (MAP) – A Bab Ighli en plein coeur de la ville ocre, les débats, dialogues et réunions bilatérales se multiplient et les points de vue se croisent, à l’occasion de la deuxième journée de la conférence intergouvernementale sur la migration, pour conférer à l’approche migratoire cette dimension éminemment humaine dans un esprit de solidarité responsable et agissante.

C’est dans cette optique, empreinte de noblesse, que s’inscrit l’appel lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans le Message adressé à la Conférence intergouvernementale de Marrakech lorsque le Souverain a souligné la nécessité de « mettre de l’humanité dans l’ordre ».

« C’est de cela dont il s’agit : mettre fin au désordre, tout en mettant de l’humanité dans l’ordre », a affirmé Sa Majesté le Roi, relevant que la page de l’Histoire qui s’écrit aujourd’hui, à Marrakech, porte la Communauté internationale, un pas de plus, vers un nouvel ordre migratoire, plus juste et plus humain.

L’intérêt du Maroc constitue un engagement ancien et volontaire qui s’exprime à travers une politique, humaniste dans sa philosophie, globale dans son contenu, pragmatique dans sa méthode et responsable dans sa démarche, a tenu à préciser le Souverain, en insistant que la question migratoire n’est pas – et ne devrait pas – devenir une question sécuritaire.

La dimension humaine de la question migratoire a retenu beaucoup d’attention lors de la conférence de Marrakech, qui entame sa 2-ème journée avec beaucoup d’espoir et d’enthousiasme dans le but de s’accorder sur les moyens et les mesures à même de donner corps aux objectifs ambitieux du Pacte mondial sur les migrations.

Aux yeux de nombre d’observateurs, responsables gouvernementaux et acteurs de la société civile, la dimension humaine est d’une importance capitale pour l’aboutissement du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté en fanfare lors de la première journée de cette grand-messe internationale.

Le Pacte de Marrakech offre « des capacités » pour une gestion plus ordonnée et plus régulière des flux migratoires, respectueuse des valeurs de la dignité humaine, a souligné d’emblée le Premier ministre belge, Charles Michel, relevant que ce document, certes non-contraignant, est à même de permettre une « gestion plus ordonnée, plus stricte et plus régulière conforme avec les valeurs fondamentales de la dignité humaine ».

L’insistance sur cet aspect prépondérant n’est pas fortuit puisque l’adoption formelle du Pacte de Marrakech a coïncidé avec le 70è anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, commémoré à Marrakech par une rencontre de haut niveau à laquelle ont pris part notamment pris part le Secrétaire général des Nations Unies, la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, et le haut-commissaire aux Droits de l’Homme et la Représentante spéciale du SG de l’ONU pour les Migrations internationales.

La célébration à la fois des 70 ans de la déclaration universelle des droits de l’Homme et l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières est, pour l’un une interpellation des consciences, et pour l’autre un appel à l’action, estime le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.

Pour le ministre, président de la Conférence, le pacte mondial s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la déclaration universelle des droits de l’Homme et en est également une déclinaison dans la mesure où il vient aujourd’hui renforcer le lent processus amorcé en 1948 en faveur de la reconnaissance absolue des droits humains, et ce insensiblement au temps et à l’espace.

Les débats tenus jusqu’à présent dans le cadre de la Conférence de Marrakech sur la Migration ont braqué les projecteurs sur cette question importante. Représentants d’Etats et d’organisations internationales, des droits humains et de la société civile prenant part à cette Conférence ont en effet plaidé en faveur d’une mise en œuvre globale, durable et humaine des objectifs du Pacte de Marrakech.

Dans ce sens, Mme Amina Bouayach, Présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), a invité, au nom de l’Alliance mondiale des Institutions nationales des droits de l’Homme (GANHRI), les parties prenantes à oeuvrer pour la mise en œuvre du Pacte, tout en se félicitant de l’appel en faveur d’une approche fondée sur les droits humains pour la mise en œuvre de ce document.

Réitérant la nécessité pour les Etats de promouvoir et protéger les droits des migrants indépendamment de leur statut migratoire, Mme Bouayach a appelé toutes les parties à traiter les droits des migrants dans le cadre des organes conventionnels des Nations Unies, relatifs aux droits de l’Homme, tout en suggérant aux Etats et organisations régionales la création de plateformes et de forums pour le suivi et l’examen de la mise en œuvre de ce Pacte, étant donné que le premier Examen aura lieu en 2020 au niveau régional.

Tout au long de la deuxième journée de cette conférence internationale, il semble que la dimension humaine pèsera toujours dans les débats généraux, les dialogues et réunions dans le but de nouer des partenariats, entreprendre des initiatives et s’inspirer des expériences avérées en matière migratoire, à l’instar de celle adoptée par le Maroc sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.