SM le Roi Mohammed VI S’est beaucoup investi dans la culture, édifiant de grandes institutions dédiées à la promotion de ce secteur (M. Benaissa)

Marrakech, 15/12/2018 (MAP), SM le Roi Mohammed VI S’est beaucoup investi dans la culture, édifiant de grandes institutions dédiées à la promotion de ce secteur, a affirmé samedi, à Marrakech, Mohamed Benaissa, ancien ministre des Affaires Etrangères et ancien ministre de la culture.

Intervenant à une plénière sous le thème « Le rôle de la culture dans les relations atlantiques » dans le cadre de la Conférence internationale « Atlantic Dialogues », M. Benaissa a fait remarquer que la culture a besoin de leadership, de leaders passionnés comme au Maroc où SM le Roi Mohammed VI S’est beaucoup investi dans la culture, édifiant de grandes institutions, ou comme en France du temps du président François Mitterrand et du ministre de la culture Jack Lang.

Mais si le chef d’Etat d’un pays lance des politiques, c’est aux responsables politiques de les mettre en exécution, a-t-il noté, relevant que le Maroc connaît actuellement un grand dynamisme culturel.

Et de relever que le chef de l’État définit les politiques culturelles, mais il a besoin d’autres dirigeants pour les appliquer: des ministres de la culture et des acteurs de la société civile.

« La promotion de la culture est une combinaison de leadership, de moyens et d’acteurs sociaux », a-t-il insisté.

Tout en reconnaissant que la culture est « le parent pauvre » de tout gouvernement en général, M. Benaissa a indiqué que la culture est une incitation et un stimulus qui nourrit l’activité économique.

Et d’appeler à l’encouragement des investisseurs privés pour soutenir ce secteur, notant que la culture est synonyme aussi d’institutions fortes : des théâtres, des galeries, des espaces de création.

« Et c’est là où le gouvernement a sa partition à jouer », a-t-il dit.

De son côté, Mme Assia Bensalah Alaoui, Ambassadeur itinérant de SM le Roi Mohammed VI, a mis en relief les liens historiques et culturels dans l’espace atlantique.

L’Atlantique, a-t-elle soutenu, a été un espace d’échange intense à travers les siècles.

Toutefois, déplore-t-elle, des stigmates continuent de perdurer à cause d’une hégémonie culturelle et économique de l’Occident, où les pays du Sud ont du mal à exister.

Il faut, a-t-elle dit, se réapproprier notre culture, pour passer du ressentiment à la réconciliation.

« Au-delà du mea culpa, l’Occident doit aussi réviser les livres d’histoire afin de restituer une certaine vérité historique. Il doit aller au delà des symboles, et intégrer impérativement la dimension de l’autre dans ses politiques culturelles », a-t-elle expliqué.

Mme Assia Bensalah a proposé d’améliorer les échanges, densifier les métissages, pour résister au rouleau compresseur des majors de l’industrie culturelle.

Et cela commence par des échanges physiques : faciliter la mobilité des hommes, étudiants, chercheurs et scientifiques.

L’universitaire brésilien, Paulo Paranagua, rejoint cet avis. Selon lui, il n’y aura de convergence durable entre l’Afrique, l’Amérique et l’Europe que par la culture.

« Au Brésil, combien a-t-on de connaisseurs ou de spécialistes de l’Afrique ?, s’interroge-t-il, très peu. En Afrique, combien il y a de connaisseurs de l’Amérique latine ? Presque personne », répond-t-il.

C’est cette méconnaissance les uns des autres, qui est à l’origine d’une absence de vraie convergence transatlantique.

M.Paranagua rejoint Mme Assia Bensalah Alaoui dans sa proposition de densifier les échanges humains.

« A long terme, la convergence transatlantique passera par des échanges d’étudiants, une sorte d’Erasmus transatlantique », explique-t-il.

« Il faut créer une génération porteuse de convergence dans cet espace qui est pour l’instant virtuel. Il faut des milliers de voyages, des échanges, des liens affectifs, intellectuels et culturels », a-t-il proposé.

Placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI et organisée sous le thème « Dynamiques atlantiques : surmonter les points de rupture », la Conférence « Atlantic Dialogues » connaît la participation près de 350 conférenciers en provenance de 90 pays.

Cette Conférence de trois jours (13-15 décembre) offre l’occasion aux participants de jeter la lumière sur les grands enjeux géopolitiques et économiques du Bassin Atlantique, expliquent les organisateurs, faisant observer que le thème arrêté pour cette nouvelle édition « reflète des tendances aussi importantes que la montée des populismes, la dernière élection présidentielle au Brésil et la politique étrangère des Etats-Unis, dans la mesure où celle-ci remet en question l’avenir de l’OTAN et de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ».

De grandes questions transversales restent, par ailleurs, posées telles que la démographie contrastée du Nord et du Sud, la dimension humaine de la crise migratoire, la mobilisation des ressources face au changement climatique, ou encore la perspective d’une nouvelle crise financière internationale.

Anciennement connu sous le nom de « OCP Policy Center », le Policy Center for the New South, initiateur de cette conférence, est un think tank marocain lancé en 2014 à Rabat, avec 39 chercheurs associés du Sud comme du Nord.

A travers une perspective du Sud sur les enjeux des pays en développement, il vise à faciliter les décisions stratégiques relevant de ses quatre principaux programmes : agriculture, environnement et sécurité alimentaire, économie et développement social, matières premières et finance.