17è Festival International du Film de Marrakech: Plaidoyer en faveur d’une collaboration panafricaine entre les professionnels du cinéma pour réconcilier le public avec le grand écran

Marrakech, 05/12/2018 (MAP)- Les participants à une rencontre tenue, mercredi dans la Cité ocre, en marge du 17ème Festival International du Film de Marrakech, ont plaidé en faveur d’une collaboration panafricaine entre les professionnels du 7ème art pour réconcilier le public avec le grand écran.

Les différents intervenants ont mis en exergue, lors de cette rencontre initiée, dans le cadre de la 1ère édition des Ateliers de l’Atlas (2-5 décembre), sous le thème « Les publics du cinéma sur le Continent africain: Perspectives et stratégies », la dynamique et la vitalité que connaît depuis quelques années l’industrie cinématographique dans le Continent, relevant, néanmoins, l’impératif d’un renouvellement et d’une diversification notamment au niveau de la programmation et de la distribution.

S’exprimant à cette occasion, Nour El Safoury, chercheuse et éditrice de la publication « Mapping Cinema Audiences », également membre du Réseau « Network of Arab Alternative screens » (NAAS) a présenté une étude sur les publics du cinéma en Egypte, le fruit de six ans de travail acharné, qui se veut un moyen de faire connaître les raisons pour lesquels les gens ne vont plus aux salles de cinéma et d’étudier la psychologie du public cinéphile et du système de distribution.

Selon cette étude, publiée par le Réseau NAAS, qui réunit 20 espaces de diffusion cinématographique dans les pays arabophones, il y a une sorte de « division entre les amateurs et les professionnels ». El Safoury y dresse l’état des lieux du cinéma et les défis auxquels font face les professionnels, notamment en termes de distribution des films.

Elle a, en outre, mis en avant l’importance de créer des cinéclubs, d’organiser des projections hebdomadaires et d’aller à la recherche du public afin de lutter contre le phénomène de fermeture des salles obscures.

Pour sa part, Kaïs Zaïed, distributeur et exploitant de la salle CinéMadart en Tunisie, a souligné que les salles de cinéma dans son pays connaissent un regain de forme quoi qu’elles diffusent peu de films, déplorant le fait que le public déserte les salles de cinéma.

Il s’est, par ailleurs, réjoui du rôle que joue le Réseau en permettant de mener une réflexion sur la relation qu’entretient le public avec le cinéma et la manière de l’attirer et de le fidéliser, saluant les initiatives entreprises dans ce sens en impliquant des professionnels du domaine.

Dans une déclaration à la MAP, Hayet Benkara qui animait ce workshop a mis l’accent sur l’importance de ces Ateliers qui « répondent à un besoin de la région et à un besoin pour les professionnels au Maroc, qui n’ont pas toujours accès à l’industrie internationale, afin qu’ils aient plus de visibilité sur leurs projets ».

Evoquant le cinéma d’art et d’essai, Mme Benkara a souligné la nécessité de sensibiliser les jeunes quant à l’importance du cinéma d’auteur et indépendant. « Les jeunes ne voient pas toujours qu’il s’agit d’un cinéma qui dit plus sur la vie qu’il en dit intellectuellement », a-t-elle expliqué, ajoutant qu’à travers ce « médium magique » qui touche profondément, le réalisateur livre une autre vision du monde par le biais d’une histoire universelle.

Les Ateliers de l’Atlas constituent un programme industrie et développement qui a pour but l’accompagnement de projets de films et de films en postproduction permettant aux réalisateurs une accélération des mises en production, une meilleure connaissance du marché et un renforcement de leur network.

Entièrement dédiés au cinéma d’Afrique et du Moyen-Orient, ils sont à la fois une plateforme créative et professionnelle au service des cinéastes et un lieu d’échanges entre les professionnels internationaux et les talents régionaux.

Cette plateforme est conçue pour accompagner les réalisateurs émergents de la région dans la préparation de leur premier, second ou troisième long métrages (fiction ou documentaire), qu’ils soient accompagnés d’un producteur ou seuls.

Les Ateliers de l’Atlas ont également pour vocation d’explorer les questions de la distribution de films dans la région. Des panels ont été organisés pour échanger sur les publics ainsi que sur la circulation des œuvres du Continent africain et du Moyen-Orient.

Pour cette première édition, huit projets en développement et six films en postproduction, originaires de neuf pays, ont participé aux Ateliers. Parmi ces quatorze projets, figurent cinq films marocains sélectionnés suite à un appel à projets national auquel 50 candidatures ont été soumises. Parmi ces cinq projets, trois sont initiés par des femmes.

A l’issue de ces Ateliers, deux Prix seront décernés par deux jurys professionnels: Un Prix au développement de 10.000 euros pour le meilleur projet et un Prix de 20.000 euros pour un des films en postproduction.

Les quatorze projets sélectionnés pour les ateliers de l’Atlas en post-production sont: « The day I ate the fish » de Aida Elkashef (Egypte)/documentaire, « Europa » de Kivu Ruhorahoza (Rwanda)/fiction, « C’est loin où je dois aller », de Karima Saidi (Maroc)/documentaire, « Kilometers 60 » de Hassen Ferhani (Algérie)/documentaire, « Les femmes du Pavillon J » de Mohamed Nadif (Maroc)/fiction et « We are from there » de Wissam Tanios (Liban)/documentaire.

Concernant la sélection des projets en développement, il s’agit de « La saison des prunes » de Rim Mejdi (Maroc)/fiction, « Les damnés ne pleurent pas » de Fyzal Boulifa (Maroc) /fiction, « Laundry » de Zamo Mkhwanazi (Afrique du Sud)/fiction et « The nights stull smell of gunpowder » de Inadelso Cossa (Mozambique)/documentaire.

Concourent également dans cette catégorie « L’otage du fleuve » de Nicolas Sawalo Cisse (Sénégal)/fiction, « Reines » de Yasmine Benkirane (Maroc)/fiction, « The river runs red » de Rami Kodeih (Liban)/fiction et « Vuta N’kuvute » (A Tug of war) de Amil Shivji (Tanzanie)/fiction.