Analphabétisme/CONFINTEA VII: Les participants visitent la prison Loudaya

Commune Loudaya (préfecture de Marrakech) – Les participants à la Conférence Internationale sur l’Education des Adultes (CONFINTEA VII) ont fait le déplacement samedi à la prison locale Loudaya (préfecture de Marrakech), le temps de s’informer de près sur les efforts consentis par la Délégation Générale à l’Administration Pénitentiaire et à la Réinsertion (DGAPR) dans le domaine de l’éducation des adultes et de la lutte contre l’analphabétisme dans les rangs des détenus de cet établissement pénitentiaire.

Cette visite visait, de même, à fournir aux participants à cette Conférence (15 au 17 juin), une série d’informations sur les différentes stratégies et programmes mis en place par la DGAPR, en collaboration avec les différents partenaires, dont l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Analphabétisme (ANLCA), afin de mieux lutter contre l’analphabétisme et la parvenir à la réinsertion des détenus.

A cette occasion, des explications ont été fournies aux participants, sur les différentes structures et dépendances de la prison locale de Loudaya, notamment celles se rapportant à l’éducation et à la formation professionnelle des détenus, dont un Centre de formation professionnelle, des métiers et arts et une radio locale destinée à mettre en avant les talents des détenus et à contribuer à l’humanisation de l’espace carcéral.

Dans une déclaration à M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP, le chef de Division de l’Action Sociale à la DGAPR, Benaissa Bennacer, a indiqué que cette visite au sein de l’établissement pénitentiaire de Loudaya offre l’opportunité aux visiteurs de s’arrêter de visu sur les efforts consentis par la DGAPR via une série de programmes éducatifs, notamment ceux se rapportant à la lutte contre l’analphabétisme.

Dans ce sens, il a relevé que la DGAPR a élaboré en partenariat avec l’ANLCA, et en coordination avec le ministère des Habous et des Affaires islamiques, le programme « Prisons sans analphabétisme », qui a réalisé des résultats très importants, indiquant que le nombre de détenus bénéficiaires de ce programme depuis l’année scolaire 2016-2017 à 2020-2021 s’élève à plus de 52.000 détenus.

Dans ce sens, il a mis en relief une baisse du taux d’analphabétisme dans les rangs des détenus à 40% entre 2016-2017 et 2020-2021, notant que la DGAPR a aussi procédé au lancement de programmes d’analphabétisme fonctionnel et du programme de formation des formateurs, à travers l’opération d’éducation par les ainés, qui consiste en la sélection de détenus qui remplissent certaines conditions en vue de bénéficier de ce programme de lutte contre l’analphabétisme, qui a bénéficié à quelque 11.000 détenus.

Dans une déclaration similaire, le directeur de l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie, M. David Atchoarena, a relevé que la CONFINTEA VII a été un moment de grande importance, permettant de mener une réflexion sur la situation de l’éducation des adultes et donc, d’élaborer de nouvelles orientations dans ce domaine, relevant que parmi les conclusions de cette Conférence figurent la promotion de l’insertion et la participation de toutes les catégories et personnes concernées par l’apprentissage tout au long de la vie.

L’apprentissage tout au long de la vie concerne également les détenus au sein des établissements pénitentiaires, étant donné que l’enjeu est d’une grande importance de par ses liens avec les droits humains notamment, le droit à l’éducation pour tous, a-t-il expliqué, mettant l’accent sur les missions de l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie, ainsi que sur le partenariat le liant avec plusieurs pays, dont le Maroc, qui accorde un intérêt particulier à cette question à travers des activités menées par la DGAPR et l’ANLCA.

Il a, dans ce sens, souligné l’impératif d’agir la main dans la main pour promouvoir la situation de l’éducation tout au long de la vie, à travers l’analyse et la définition des différents résultats enregistrés dans ce domaine, et qui aboutiront à la réalisation du développement de soi et garantiront l’insertion socioprofessionnelle des détenus, se félicitant, par la même occasion, du partenariat solide liant le Maroc et l’UNESCO.