Concertation sur la qualité de l’école publique pour tous

Youssoufia – Une rencontre de concertation axée sur l’amélioration de la qualité de l’école publique pour tous a été tenue, jeudi au siège de la préfecture de la province de Youssoufia, avec comme finalité d’associer l’ensemble des acteurs territoriaux concernés à ce chantier sociétal d’envergure pour garantir son plein succès.

Initiée par l’Académie Régionale de l’Education et de la Formation (AREF) Marrakech-Safi, en partenariat avec la préfecture de la province de Youssoufia, cette rencontre a été rehaussée par la présence de responsables, de représentants des autorités locales, d’élus, d’acteurs de la société civile, et des représentants des associations des parents et tuteurs des élèves.

Cette rencontre, qui s’insère dans le sillage des concertations nationales pour « une école de qualité pour tous », lancées par le ministère de l’Education Nationale, du préscolaire, et des sports, vise à enrichir le débat public amorcé autour de l’amélioration de la qualité de l’école marocaine au service du développement durable.

Ces concertation reposent sur une démarche innovante de co-construction d’une école de qualité à fort ancrage territorial, tout en se proposant de susciter l’interaction des acteurs locaux de manière coordonnée avec les différentes mesures de la feuille de route de ce chantier, de recueillir des idées pour améliorer la qualité de l’école et de parvenir à un consensus local à ce sujet.

S’exprimant à cette occasion, le gouverneur de la province de Youssoufia, M. Mohamed Salem Essabti, a mis en avant l’importance du secteur de l’éducation et de l’enseignement en tant que levier du développement humain durable, avec un focus sur l’ensemble des réformes en profondeur engagées ces deux dernières années, ayant touché le système éducatif dans ses multiples aspects, afin de mieux l’adapter aux évolutions économiques et sociales enregistrées au Maroc.

Après avoir passé en revue les différents chantiers de réforme du système éducatif, M. Essabti a, dans une allocution lue en son nom par le Secrétaire Général de la préfecture de la province, M. Lahcen Ighir, a mis en relief moult réalisations accomplies en la matière ayant trait, entre autres, à l’élargissement de l’offre pédagogique, et à l’amélioration de la qualité des formations, et de la gouvernance en matière de gestion du secteur de l’éducation et de la formation, pour arriver à la Vision Stratégique de la réforme (2015- 2030) du Conseil Supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche Scientifique visant à faire face aux contraintes actuelles, à relever les défis imposés et à rehausser la qualité du système éducatif.

Et de poursuivre que cette concertation territoriale s’insère dans le cadre des rencontres lancées par le ministère de tutelle en y associant l’ensemble des parties prenantes, notant que l’objectif étant d’engager une écoute responsable de l’ensemble des composantes territoriales de l’environnement de l’école, à travers un débat édifiant et inclusif, et la formulation de propositions concrètes pour la concrétisation de ce chantier sociétal.

Dans la foulée, il a mis en relief l’intérêt particulier qu’accorde la Constitution de 2011 au renforcement des principes fondamentaux de la promotion de l’enseignement, dans l’optique de permettre aux citoyens, à pied d’égalité, de bénéficier d’un enseignement de qualité, notant que la réforme de l’école publique et sa promotion demeure une « affaire » de la société, à travers ses différentes composantes : départements gouvernementaux, collectivités territoriales, conseils consultatifs, institutions et instances nationales, acteurs associatifs et intellectuels.

Dans la même lignée, le gouverneur a mis en avant l’intérêt tout particulier que Sa Majesté le Roi Mohammed VI ne cesse d’accorder à la question de l’éducation et de la formation.

M. Essabti a, de même, estimé que la mise en place d’un système de gouvernance territoriale dans le domaine de l’éducation et de la formation parallèlement au chantier de la régionalisation avancée que le Maroc est sur la voie de sa cconsécration, aura comme résultat la réalisation d’un développement régional durable à la faveur de l’école publique.

« Il nous appartient tous, chacun partant de sa position et de ses compétences, d’agir dans le cadre d’une méthodologie participative basée sur la concertation, et l’échange de points de vue, afin d’enrichir le débat engagé pour tirer vers le haut la qualité de l’école publique », a conclu le gouverneur.

De son côté, M. Hicham Ghazouli, membre du comité régional des concertations nationales pour l’amélioration de l’école publique à l’AREF-MS, a présenté un exposé exhaustif sur le contexte général, le cadre référentiel, les objectifs, les mécanismes d’implication des différentes parties prenantes, ainsi que sur la méthodologie prônée dans le cadre de ces concertations nationales destinées, in fine, à asseoir les bases d’une école publique de qualité pour tous.

Il a, dans ce sillage, tenu à préciser que ces concertations visent à enrichir la feuille de route de la réforme du système de l’éducation nationale pour la période 2022-2026, visant à créer les conditions favorables pour l’enfant, à même de lui permettre d’achever sa scolarité obligatoire en ayant développé et acquis des compétences et des aptitudes nécessaires à la confirmation de soi, tout en bénéficiant de l’appui social de l’Etat et des partenaires engagés dans une démarche inclusive.

Le directeur provincial de l’Education Nationale, du préscolaire et des sports, M. Youssef Ait Haddouch, s’est félicité, quant à lui, de la tenue de cette rencontre de concertation territoriale qui, a-t-il dit, s’inscrit dans le cadre de deux contextes l’un national et l’autre spécifique « local » et « régional ».

Dans une déclaration à M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP, il a rappelé que le ministère avait lancé, à titre expérimental, le processus de concertations à partir de la région Marrakech-Safi, avec comme référence la loi cadre 51-17 relative au système d’éducation et de formation, une batterie de recommandations du Nouveau Modèle de Développement (NMD) et le programme gouvernemental pour la période 2022-2026.

M. Haddouche s’est attardé sur l’ensemble des efforts entrepris dans ce sens par les diverses parties prenantes, dans la perspective de pouvoir mettre sur pied une école publique de qualité.

« L’ensemble des ateliers et rencontres organisés à l’échelon provincial ont permis de déboucher sur une série de recommandations et de propositions pertinentes, à même de permettre de traduire de manière concrète et profonde, cette conception que les parties prenantes se font déjà de l’école de demain celle que nous voulons de qualité », a-t-il dit, notant que ces recommandations seront partagées et débattues au niveau régional afin de parvenir à étoffer davantage et à enrichir la feuille de route liée à la réforme éducative pour la période 2022-2026.

A noter que cette rencontre a été marquée aussi par l’organisation d’ateliers autour de plusieurs thématiques se rapportant, entre autres, au « rôle de l’école de qualité dans le développement de la collectivité territoriale » et au « soutien de la collectivité territoriale à l’école ».

Le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports a lancé une concertation nationale pour une éducation de qualité pour tous, qui s’achève fin juin avec une restitution nationale prévue pour mi-juillet.

La concertation comprend la tenue de près de 6.200 focus groupes à l’échelle nationale, de 82 événements à l’échelle des provinces et plus de 150.000 personnes concernées par les différents ateliers organisés, en plus d’une plateforme ouverte à tous les citoyens et les Marocains du monde « www.madrastna.ma ».

Ce dispositif vise à assurer la qualité concertée des décisions et à identifier des pratiques innovantes ainsi que des acteurs fédérés autour de la nécessité et de la faisabilité des changements à venir, l’objectif étant de tracer ensemble le chemin de la mise en œuvre d’une réforme novatrice pour une école de qualité.