Débat sur l’intégration de la culture dans le développement

Essaouira – L’intégration de la culture dans les stratégies locales de développement est le thème central d’un important atelier, qui se poursuit jusqu’au 23 décembre à Dar Souiri à Essaouira, avec la participation d’un parterre d’experts, de spécialistes et d’acteurs locaux.

Initiée conjointement par le Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb et l’Association Essaouira-Mogador, sous le thème « La sauvegarde du patrimoine urbain au Maghreb, intégration de la culture, du patrimoine et de l’histoire dans les stratégies de développement local », cette rencontre de trois jours, rehaussée par la participation de M. André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi et président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, tend à jeter la lumière sur le rôle moteur de la culture, sous toutes ses formes d’expression (patrimoine, histoire, arts,…), dans les stratégies du développement local.

Elle s’assigne aussi pour objectif de démontrer comment la culture apporte sa contribution au développement humain et social, peut générer des opportunités d’emploi et faire partie d’une stratégie territoriale à part entière.

S’exprimant à l’ouverture de cette rencontre, le directeur par intérim du Bureau de l’UNESCO pour le Maghreb, M. Karim Hendili, a rappelé l’engagement de l’organisation onusienne aux côtés du Maroc dans ses efforts pour la sauvegarde de son patrimoine culturel, sous toutes ses formes, citant entre autres les trois distinctions obtenues par la ville, à savoir le classement de la médina d’Essaouira au patrimoine mondial de l’UNESCO, le classement de l’art Gnaoua au patrimoine culturel immatériel de l’Humanité et l’intégration de la Cité des Alizés dans le réseau mondial des villes créatives de l’UNESCO pour la musique.

Le choix de la ville d’Essaouira pour abriter cet important débat n’est pas fortuit, a-t-il souligné, ajoutant que ces multiples reconnaissances sont intéressantes en ce sens qu’elles dotent la ville d’instruments et d’outils supplémentaires pour renforcer ce plaidoyer en faveur du rôle de la culture dans le développement.

Pour sa part, le gouverneur de la province, M. Adil El Maliki, a mis en avant l’importance de cet atelier qui traite d’une thématique pertinente, mettant l’accent sur la prise en compte du territoire dans sa globalité et de ses nombreuses potentialités parmi lesquelles la zone naturelle de développement de l’arganier.

Notant qu’il s’agit aujourd’hui de « matérialiser l’immatériel », le gouverneur a insisté sur l’impératif de se doter de la méthodologie appropriée pour faire de la culture un outil de développement territorial performant.

Les études et découvertes réalisées récemment à l’échelle du territoire à l’instar des plus vieilles parures au monde de la grotte de Bizmoune ou encore des vestiges saâdiens de l’industrie sucrière constituent, selon M. El Maliki, un riche vivier de ressources à capitaliser.

Et le responsable d’enchaîner que les travaux de cet atelier auront certainement un impact sur la promotion de ce patrimoine en tant que levier de développement.

De son côté, le président du conseil communal d’Essaouira, M. Tarik Ottmani a indiqué que cette rencontre offre l’occasion de discuter ensemble de la place et du rôle de la culture dans le développement d’Essaouira, une thématique vaste avec des enjeux majeurs.

Après avoir relevé que les enjeux en matière de développement sont d’autant plus importants, notamment dans le sillage de la Covid-19, M. Ottmani a expliqué que le plus grand défi auquel la société est confrontée demeure celui de la « construction collective ».

Il s’avère « crucial de nous mobiliser et de réfléchir ensemble à la manière dont la culture peut soutenir cette reconstruction et nous permettre d’accéder à plus de développement, de résilience et de cohésion sociale », a-t-il soutenu.

Cette première journée a été ponctuée de deux exposés présentés par M. Hendili, dont le premier a été axé sur « l’intégration de la culture, du patrimoine et de l’histoire dans les politiques de développement : actions de l’UNESCO », avec un focus sur la sauvegarde du patrimoine urbain sous toutes ses formes, l’approche centrée sur le paysage urbain historique et sur le soutien au développement de l’économie créative.

Le second a porté sur les « Conventions de l’UNESCO liées au rôle de la culture, du patrimoine et de l’histoire dans le développement à Essaouira : principes, mécanismes et perspectives », avec un accent particulier sur la Convention du patrimoine mondial (1972), la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) et celle sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005).

L’ »intégration des contraintes inhérentes à la gestion d’un bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial dans les stratégies d’aménagement et de développement au niveau local », « L’inscription au patrimoine mondial : un engagement commun et une responsabilité partagée », « Regard des acteurs locaux d’Essaouira (municipalité, société civile, directions des ministères chargés de la culture, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, etc.) », « Reconnaissance universelle de valeurs culturelles et patrimoniales locales ou nationales » et « Implications et bénéfices d’un engagement mutuel en faveur de la diversité culturelle », sont autant de thèmes qui seront abordés lors de cette importante rencontre.

Les participants discuteront aussi des « Enjeux et défis des stratégies d’aménagement et de développement à Essaouira », de l’ »Expérience de la Commune, l’action des institutions nationales et régionales et du regard de la société civile », de « la place et le rôle de la culture, du patrimoine et de l’histoire dans les stratégies d’aménagement et de développement à Essaouira », et du « Patrimoine matériel et immatériel, musées, artisanat et industries culturelles et créatives ».