Focus sur la gestion des ressources en eau dans un contexte d’aridité

Marrakech – Une rencontre dédiée à la gestion des ressources en eau dans un contexte d’aridité a été organisée, lundi à Marrakech, à l’initiative de la Faculté des Sciences Semlalia relevant de l’université Cadi Ayyad de la Cité ocre, avec la participation d’éminents chercheurs marocains et américains.

Organisée en collaboration avec le Centre des Etudes Doctorales et le Laboratoire GéoSciences Semlalia, cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du cycle des Conférences FSSM, a connu la participation d’un groupe d’étudiants des universités américaines du Kentucky et de Géorgie, bénéficiaires du programme d’échange Fulbright.

Les interventions ont porté sur les mécanismes utilisés pour délimiter les sources et l’âge des précipitations, identifier les effets de l’évaporation et répartir les contributions des termes finaux dans le débit des cours d’eau et les eaux souterraines, soulignant que les ressources en eau sont à l’avant-garde de la science, avec des implications pour les découvertes scientifiques, la gestion de la sécheresse, la croissance démographique et l’approvisionnement en eau potable sûr et adéquat.

Ces problématiques, ont-ils souligné, sont exacerbées dans les déserts hyper-arides de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), ce qui nécessite de mener une étude approfondie des processus de recharge des eaux souterraines, leur dynamique et leur durabilité, ainsi que de donner un aperçu sur la manière dont les technologies émergentes basées sur la télédétection peuvent être utilisées pour quantifier les changements hydrologiques.

Et d’expliquer comment une approche intégrée impliquant des observations de télédétection par satellite, des données de terrain, des modèles hydrologiques et l’apprentissage automatique (machine Learning) peut être utilisée pour comprendre les processus hydrologiques et les changements sur des échelles de temps géologiques.

« Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du partenariat scellé avec cinq universités américaines, traite de la question des eaux souterraines dans le cadre de l’engagement de la Faculté à contribuer à la gestion des eaux souterraines au Maroc en général et dans la province d’Al Haouz en particulier », a souligné le Doyen de la FSSM, M. Hassan El Mouden, dans une déclaration à M24, la chaîne télévisée de l’information en continu de la MAP.

Faisant savoir que cette rencontre a pour objectif de familiariser les étudiants et les partenaires socio-économiques de la Faculté avec les méthodes utilisées dans la gestion de l’eau dans d’autres pays, M. El Mouden a indiqué que cette matinée a constitué une occasion pour se rencontrer, se concerter et échanger les idées et les expériences afin de valoriser la grande expérience marocaine dans le domaine de la gestion de l’eau.

Pour sa part, M. Noureddine Fatouhi, professeur à l’Université Cadi Ayyad spécialisé dans la gestion des ressources en eau, a relevé que cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’échanges culturels et d’expériences entre les États-Unis et l’Université marocaine, rappelant qu’un groupe de professeurs et d’étudiants marocains s’étaient précédemment rendus aux États-Unis dans le cadre du programme Fulbright, pour bénéficier de formations dans le domaine de la gestion de l’eau.

Rappelant que cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite d’étudiants américains au Maroc pour échanger sur la gestion des ressources en eau dans le Royaume à la lumière des changements climatiques et de la raréfaction des ressources en eau, il a fait remarquer que cette visite étalée sur cinq semaines, comprend des visites de terrain dans plusieurs régions qui font face au phénomène de la raréfaction des ressources en eau.

Les travaux de cette rencontre ont été marqués par la présentation de trois exposés : « l’utilisation d’isotopes stables pour délimiter la recharge des eaux souterraines à différentes échelles spatiales et temporelles », « l’améliorer de notre compréhension de la dynamique de recharge des eaux souterraines en zones arides à l’aide de la télédétection, de la modélisation et de l’apprentissage automatique (Machine Learning) » et « la recharge des eaux souterraines dans le piémont semi-aride du Haut Atlas, bassin du Haouz-Tensift, Maroc ».