Formation sur la gestion de l’eau agricole au profit de jeunes cadres africains

Benguérir- « Gestion efficiente de l’irrigation et de l’eau agricole pour une économie d’eau et une réduction des coûts en vue d’une transformation agricole en Afrique » est le thème d’une session de formation qui a démarré, lundi à Benguérir (province de Rhamna), au profit de 19 participants issus de 15 pays africains francophones.

Organisée conjointement par l’Association Nationale des Améliorations Foncières, de l’Irrigation, du Drainage et de l’Environnement (ANAFIDE)- Comité National Marocain de la Commission Internationale de l’Irrigation et du Drainage (CIID) et l’Institut International de Recherche sur l’Eau de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), avec l’appui de la Direction de l’Irrigation et de l’Aménagement de l’Espace Agricole, cette formation connait la participation de jeunes cadres professionnels issus du Bénin, Burundi, Cameroun, Comores, la Côte d’Ivoire, l’Ile Maurice, Madagascar, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo,Tunisie ainsi que du Maroc.

« Cette formation vient contribuer aux efforts de la coopération Sud-Sud, déployés par le Maroc sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour que l’Afrique atteigne les Objectifs de Développement Durable (ODD) et fasse aboutir sa stratégie de développement +Africa We Want 2063+ », a souligné M. Aziz Fertahi, président de l’ANAFIDE, dans une déclaration à M24, la chaîne télévisée de l’information en continu de la MAP.

En étant issus de 14 pays représentants différentes zones agroécologiques d’Afrique incluant la zone du Sahel, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique-Australe et l’Afrique du Nord, il y a lieu de rappeler qu’il existe une préoccupation commune pour ces différentes zones, à savoir l’amélioration de la sécurité alimentaire par le développement de l’irrigation et la résilience aux changements climatiques, a expliqué M. Fertahi, également vice-président de la CIID, faisant savoir que le Maroc « a beaucoup investi dans ces domaines et tient à partager son expérience avec les autres pays africains ».

Pour sa part, M. Mure Uhunamure Agbonlahor, représentant du Bureau de Recherche et Développement des Cultures Vivrières en Zones Semi-arides de l’Union Afrique (UA-SAFGRAD), a indiqué que cette formation, qui s’adresse aux jeunes cadres africains dans les ministères de l’agriculture et de l’irrigation ou dans les institutions publiques de recherche agricole, a pour objectif de combler les lacunes en matière de compétences dans le domaine de la transformation agricole, pour faire face aux effets du changement climatique à travers le Continent.

Rappelant la Déclaration de Malabo (2014) sur la croissance et la transformation accélérées de l’agriculture en Afrique pour une prospérité partagée, M. Agbonlahor a affirmé qu’ »avec les énormes ressources naturelles et humaines dont nous disposons sur le continent, nous devons pouvoir nous nourrir sans dépendre de nos voisins extérieurs ou des aides alimentaires ».

Pour leur part, nombre de participants ont fait part de leur fierté et joie de prendre part à cette session de formation destinée à leur permet de renforcer leurs compétences, afin de contribuer à la transformation de l’agriculture africaine.

Ainsi, Mme Djenatou Pelagie, Chargée de Recherche à l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement du Cameroun, a indiqué que cette formation aidera à renforcer les capacités des bénéficiaires en techniques d’irrigation économisant l’eau, ce qui contribuera à améliorer les conditions de l’agriculture et le rendement des agriculteurs, notamment à l’extrême nord du Cameroun qui souffre d’une sécheresse de longue durée.

Même son de cloche chez M. Darfaoui Yassine, Ingénieur à l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole d’Al-Haouz (ORMVAH), qui a relevé que cette session de formation, encadrée par des compétences africaines, permettra aux participants de renforcer leur savoir- faire et leurs connaissances dans les domaines de l’irrigation et de l’eau agricole. L’objectif étant de parvenir à trouver des solutions aux problèmes africains dans le contexte africain, contribuant ainsi à ce que la destinée de l’Afrique soit façonnée par des mains africaines.

Pendant 10 jours, les participants bénéficieront d’interventions et d’encadrements de haut niveau assurés par des cadres, professeurs et experts disposant d’une grande expertise et maîtrise dans les domaines des ressources en eau, de l’irrigation et de changement climatique.

Tenue à la demande de la Commission de l’Union Africaine et avec l’appui de la Ligue Arabe, cette formation se déroulera au sein des locaux de l’université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) à Benguérir, qui est tournée vers l’Afrique et est mondialement connue par son cursus et en particulier par les activités de recherche développement menées par son Institut International des Ressources en Eau.

Les participants auront également l’occasion de se rendre dans trois grands périmètres irrigués du Maroc : Doukkala, Al Haouz et Tadla. Ces visites complémentaires permettront d’illustrer sur le terrain, les approches d’aménagement hydroagricoles, d’utilisation conjointe des eaux de surface et de nappes ainsi que les modes de gestion et de maintenance des réseaux d’irrigation adoptées, se basant sur l’implication à des degrés variés des usagers de l’eau.

Lors de cette formation, les professionnels de l’irrigation sont également appelés à faire des interventions pour illustrer aux participants les performances du matériel d’irrigation et les bonnes pratiques d’usage, d’entretien pour tirer le meilleur profit des équipements et aboutir à l’économie et à l’efficience recherchées dans ce contexte de changement climatique et de raréfaction de la ressource en eau en Afrique.

Le choix a été porté sur le Maroc, par la Commission de l’Union Africaine, à travers son bureau de recherche développement sur les produits agricoles en zones semi arides (SAFGRAD), compte tenu de la grande expérience du Royaume en matière de gestion des ressources en eau, de développement de l’irrigation, d’économie et de valorisation de l’eau d’irrigation.

La Ligue Arabe a, de son côté, accordé son soutien à cette activité à travers le Fonds Arabe d’Assistance Technique aux Pays Africains et a ainsi, appuyé le choix de l’Union Africaine pour que 15 pays africains francophones envoient leurs candidats prendre part à cette formation au Maroc.