Ibtissam Chraiki, une passionnée de recherche scientifique et de géologie

-Par Abdelhak Yahya-
Marrakech – Passionnée de recherche scientifique et de géologie, la jeune étudiante Ibtissam Chraiki, qui faisait partie de l’équipe ayant contribué brillamment à une découverte scientifique majeure qui pourrait changer certains concepts relatifs à l’origine de la vie sur notre planète, est un modèle éloquent de la jeune femme marocaine capable de persévérer pour se distinguer dans différentes spécialités scientifiques.

Grâce à son assiduité, son engagement et son amour pour la science, cette jeune chercheure a réussi à figurer dans la liste très prestigieuse des femmes ayant marqué l’année 2020 aux niveaux régional et national.

Mme Chraiki se souvient que ce parcours scientifique avait commencé lorsqu’elle a décroché, avec brio, un baccalauréat en Sciences mathématiques à Khouribga et une licence délivrée par la Faculté polydisciplinaire relevant de l’université Hassan 1er à la même ville.

Ce parcours académique brillant ne va pas tarder à lui ouvrir les portes des grandes universités nationales, dont la prestigieuse Faculté des Sciences Semlalia relevant de l’Université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech, où elle a obtenu son Master et où elle poursuit actuellement ses études doctorales.

Ce brillant parcours va aussi permettre à cette jeune chercheuse marocaine de contribuer aux côtés d’une équipe de recherche de la Faculté des Sciences Semlalia, à la découverte d’une vie microbienne extrêmophile en milieux confinés datant de 570 millions d’années.

Publiée dans la revue scientifique internationale « Geobiology », cette étude, menée dans le cadre du projet de Doctorat de Mme Ibtissam Chraiki, a montré que des microbes ont colonisé et prospéré dans des milieux extrêmophiles associés à un environnement très confiné du lac volcanique.

Dans une déclaration à la MAP, elle a indiqué qu’elle prépare actuellement une étude-thèse, financée par l’Académie Hassan II des Sciences et techniques de Rabat, en collaboration avec des chercheurs marocains (UCA de Marrakech), français (Université de Poitiers) et anglais (Université de Cardiff), sur la vie précambrienne en sous-sol marocain.

Cette jeune étudiante a expliqué que son étude a été menée sur l’un des rares témoins du développement de communautés microbiennes adaptées aux environnements extrêmes dans une zone située au sud-est du Maroc dans la région de Ouarzazate, près de la localité d’Amane Tazgart où, les traces de vie sont en excellent état de conservation.

Les résultats obtenus apportent des preuves fossiles indubitables que des microorganismes ont su s’adapter de manière étonnante à des milieux très divers, dans des conditions extrêmes.

Sur l’importance de ses recherches, Mme Chraiki a expliqué que cette étude permettra aux chercheurs de comprendre la possible existence de vie sur d’autres planètes telles que Jupiter.

Les conditions extrêmes dans lesquelles ces communautés microbiennes ont vécu et se sont développées ont récemment suscité l’intérêt de la NASA, a-t-elle enchainé.

« Si je suis parvenue à accomplir ce parcours brillant, c’est grâce aux encouragements de mes parents, qui ont été toujours d’un grand soutien pour moi, en me poussant sans cesse à se réaliser en tant que femme libre et indépendante », a-t-elle relevé, mettant en relief le rôle qu’a joué Mme Nezha Lazrak, l’enseignante universitaire qui encadre sa thèse de doctorat.

Au sujet de la Journée internationale de la femme célébrée le 8 mars de chaque année, la jeune chercheuse a estimé qu’elle s’agit, sans nul conteste, d’une occasion pour mettre en exergue le rôle pionnier de la femme marocaine et ses contributions dans tous les domaines sans exception.

Grâce à leurs compétences avérées, les femmes marocaines ont réussi à occuper des postes de responsabilité clés non seulement au niveau national, mais aussi à l’étranger comme c’est le cas de Mme Kawtar Hafidi, spécialisée dans la physique nucléaire, qui a été nommée depuis 2017, directrice de la division de la physique au Laboratoire national d’Argonne, aux États-Unis, devenant la première femme à occuper ce poste, ainsi que Mme Asmaa Boujibar, la première femme marocaine à intégrer la NASA.

Ces prouesses scientifiques de la femme marocaine ne peuvent que susciter beaucoup d’admiration et de fierté des citoyens marocains, a-t-elle estimé, appelant les femmes marocaines à s’attacher à leurs rêves et à faire montre de détermination, de persévérance et d’assiduité en vue de leur concrétisation sur le terrain.