La 17ème édition du Festival International du Film de Marrakech, un « grand succès populaire » (Coordinateur général du Festival)

–Propos recueillis par Hassan EL AMRI–.

Marrakech, 06/12/2018 (MAP)- La 17ème édition du Festival International du Film de Marrakech, qui se tient du 30 novembre au 8 décembre dans la Cité ocre, est un « grand succès populaire », s’est félicité le Coordinateur général du Festival, M. Ali Hajji.

« Au sixième jour du Festival, c’est un grand succès populaire. Le public investit massivement les salles pour les projections des films et pour assister aux rencontres avec les invités de marque du Festival. Un public nombreux se rend aussi à la Place Jemaa El Fna à la rencontre des grandes stars du grand écran tels Robert De Niro, Martin Scorsese, Yousra et Laila Elwi, entre autres », a affirmé M. Hajji dans une interview exclusive accordée à la MAP.

« Nous sommes très contents. C’est un vrai succès populaire. Les salles sont pleines et j’espère que cela continuera jusqu’à la fin », a-t-il dit, mettant en avant l’engouement du jeune public pour cette grand-messe cinématographique. Pas moins de 3.500 enfants sont inscrits au total dans le cadre du Festival, s’est-il enorgueilli, expliquant que ces jeunes cinéphiles se donnent rendez-vous au cinéma Colisée pour les séances de la section « Jeune public ».

S’agissant du cinéma marocain, M. Hajji a tenu à préciser que le 7ème art national est à l’honneur dans le cadre de cette 17ème édition, placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI.

« Nous avons cette année un Panorama du cinéma marocain qui est une sélection de sept films récents », a-t-il fait remarquer, notant que le Festival reçoit du monde de différentes nationalités et des quatre coins du globe, dont des professionnels (directeurs de festivals, programmateurs, sélectionneurs, producteurs et des distributeurs), sans oublier les représentants de la presse internationale, qui sont tous « très demandeurs » des films marocains.

Cette vitrine promotionnelle a été créée pour le cinéma d’auteur marocain, qui aura désormais une place permanente dans le Festival, a relevé M. Hajji, rappelant que pour cette édition, une sélection de sept films a été retenue avec « Volubilis » de Faouzi Bensaïdi, « Sofia » de Meriem Benm’barek, mais aussi des films présentés en première nationale ou en première mondiale comme « la Guérisseuse » de Mohamed Zineddaine, « Catharsys, or The Afina Tales of the Lost World » de Yassine Marco Marroccu, et puis d’autres types de pellicules comme le documentaire de Hind Bensari « We Could be Heroes ». Il s’agit également de « Jahiliya » de Hicham Lasri et « Stateless » (Apatride) de Narjiss Najjar.

Et M. Hajji de préciser que l’idée est de créer une section « qui soit un vrai outil de promotion du cinéma marocain à destination de cette population étrangère qui vient participer dans le cadre du Festival ».

Il y a aussi une très forte présence du cinéma marocain à travers notamment le grand hommage à Jillali Ferhati, un grand cinéaste et l’un des pères fondateurs du cinéma national contemporain, en plus d’être un habitué du Festival International du Film de Marrakech, dont il a été un membre du Jury lors de la 12ème édition, a-t-il ajouté.

Cet hommage se veut « une reconnaissance de sa très riche carrière qui, en trente ans, est jalonnée de succès et de récompenses de toute sorte », a soutenu M. Hajji.

Il a aussi fait observer que des films marocains sont aussi projetés dans le cadre du Festival dans la place Jemaa El Fna, tout en relevant : « nous avons choisi, cette année, de projeter deux grands succès populaires, à savoir le film « Lahnech », qui a été un succès du box office national et celui intitulé « Korsa ».

M. Hajji a, en outre, fait savoir que le film « Lahnech » sera aussi projeté dans le cadre du cinéma en audiodescription, destiné aux personnes malvoyantes.

C’est du cinéma en audiodescription, dont le Festival International du Film de Marrakech est l’un des « pionniers » dans le monde dans ce domaine, s’est-il réjoui.

Douze films marocains sont programmés au total : sept dans le cadre du Panorama du cinéma marocain, deux dans le cadre de l’hommage à Jillali Ferhati, deux projetés à la place Jemaa El Fna en plus du film inscrit en compétition officielle « Urgent » de Mohcine Besri, a-t-il détaillé.

Evoquant les nouveaux concepts qui caractérisent le Festival cette année, M. Hajji a jeté la lumière sur « Les Ateliers de l’Atlas » qu’il a qualifié d’ »important programme » dédié à l’industrie cinématographique et au développement de talents. « L’idée est de créer une plateforme d’accompagnement des jeunes talents marocains, d’Afrique et du Moyen-Orient qui sont sur leurs premier, deuxième ou troisième long-métrage », a-t-il explicité, soulignant que cette plateforme « sert justement à choisir et à accompagner des films qui sont soit en phase de développement, soit en phase de postproduction ».

Sur les 14 projets sélectionnés dans le cadre de ces Ateliers, il y a huit projets en développement et six films en postproduction, originaires de neuf pays, a-t-il déclaré, notant que cinq d’entre eux sont des films marocains qui sont soit en développement ou en postproduction, dont trois initiés par des femmes.

Et de poursuivre : « On invite des financeurs du monde entier intéressés par ce type de cinéma et qui viennent à la rencontre de ces porteurs de projets pour les écouter, les rencontrer et éventuellement financer leurs projets », relevant que parallèlement à ce volet principal des « Ateliers de l’Atlas », d’autres rencontres sont organisées à destination des professionnels, notamment marocains.

Quelque 125 professionnels étrangers sont venus à la rencontre des porteurs de projets, a-t-il dit, soulignant que les « Ateliers de l’Atlas » sont réalisés en partenariat avec Netflix qui porte une attention particulière aux talents de la région d’Afrique et du Moyen-Orient.

« Il s’agit donc d’un lieu de rencontres et de networking réservé aux professionnels, à même de permettre aux uns et aux autres de rencontrer de potentiels financeurs pour leurs projets », a-t-il estimé.

Parallèlement, des directeurs artistiques de festivals de grande renommée (Tokyo, Buenos Aires, Cannes, Toronto etc) sont invités cette année dans l’objectif de leur faire découvrir aussi bien des productions que des projets de films marocains, a-t-il fait savoir.

« Tout Festival de cinéma qui se respecte et qui se remet en question sait intégrer les nouveautés, vu que c’est un domaine qui connaît des changements rapides aux niveaux technologique, artistique ou encore éditorial », a conclu M. Hajji, avant d’assurer que le Festival International du Film de Marrakech s’inscrit indubitablement dans cette optique.