La medersa de Sidi Ali Ouhmad, un lieu voué à la pérennisation des valeurs

Par : Samir LOTFY
Commune Ouled M’taa (Al-Haouz) – Située à une dizaine de kilomètres du cercle d’Amezmiz (province d’Al-Haouz), la medersa de la Zaouia de Sidi Ali Ouhmad dédiée à l’enseignement originel, est un lieu chargé d’histoire et combien même au service de la pérennisation et de la promotion des valeurs et préceptes de l’islam tolérant et du juste milieu.

La position géographique stratégique de ce haut-lieu d’apprentissage et d’érudition, au cœur d’Al-Haouz, plus précisément dans la commune rurale d’Ouled M’taa, une zone « arabophone » qui s’est « amazighisée », comme l’écrivait le grand savant et érudit feu Mokhtar Soussi, avait largement contribué, au fil des siècles, à son rayonnement, lui permettant de jouer un rôle de taille dans l’histoire de cette région, notamment dans les domaines des sciences coraniques, de l’enseignement et de l’éducation téléologiques.

De ce fait, la medersa d’Ouled M’taa a contribué, et continue de le faire, à servir de véritable « rempart » contre la dérive, et à inculquer aux jeunes apprentis, les bases de la bonne éducation et de la droiture, ainsi que les fondamentaux et principes de l’Islam du juste milieu, tel que fondé sur le rite Malekite et le dogme Achaârite.

Au sein de ce lieu empreint de spiritualité et où, lecture est donnée à longueur de journée, aux versets et sourates du Saint Coran, on ne ménage aucun effort pour amener les jeunes apprentis à épouser, dans leurs pratiques quotidiennes, les principes de tolérance, d’ouverture, de coexistence, du respect mutuel d’autrui et d’acceptation de la différence, et surtout de tout rejet de l’extrémisme ou du fanatisme.

Autant de principes sacrosaints de l’islam modéré et du soufisme sunnite que les enseignants au sein de cette ancienne medersa d’Ouled M’taa veillent à consolider, à diffuser et à en faire les « éclaireurs » permanents de tous, sur la voie de la bénédiction et de la sagesse.

Un rôle majeur attribuable à cet espace intégré de culte, d’apprentissage et de spiritualité, notamment à son mausolée, et à sa Zaouia, vieille de plus de quatre siècles, et qui revient, selon certains manuscrits et narrations orales, au grand et vénéré Cheikh Sidi Hmad Oumoussa.

Il s’agit, en fait, d’une véritable institution dédiée à la psalmodie et à la mémorisation du Saint Coran, et à l’initiation des jeunes apprentis à ses sciences, ainsi qu’aux enseignements riches et profonds, tels que tirés de la Souna du prophète Sidna Mohamed (PSSL).

Se basant sur la mémoire populaire locale, il convient de noter que la Zaouia de Sidi Ali Ouhmad « va continuer à garder plusieurs liens avec cette éminente personnalité qui est Cheikh Sidi Hmad Oumoussa.

La Zaouia de Sidi Ali Ouhmad avait toujours servi de « destination » prisée pour l’accueil de toutes les personnes qui étaient dans le besoin ou victimes d’injustice car, elle avait toujours assuré à ses hôtes, la prise en charge en termes de nutrition, mais aussi d’apprentissage et de formation en sciences religieuses et téléologiques.

L’attachement indéfectible de la Zaouia à cette mission noble d’éducation et d’apprentissage et de mémorisation du Saint Coran, au profit des apprentis en bas-âge, lui avait conféré une grande force et un appui majeur, à même de lui permettre d’affronter nombre de contraintes, et donc de disposer d’une grande notoriété ayant dépassé de loin les seules frontières nationales.

Cette Zaouia va, ainsi, connaitre une série d’évolutions et ce, en fonction des multiples de l’apport et du charisme des multiples Cheikhs qui avaient le mérite d’assurer la gestion de sa mosquée et sa medersa, à l’instar de M’barek Damssiri ou encore Ahmed Belaoued, deux figures emblématiques du soufisme qui avaient marqué de leur sceau, l’histoire rayonnante de ce lieu de culte.

Cet espace de formation, d’encadrement et d’orientation va continuer de connaitre son lustre d’antan et un rayonnement fort remarquable depuis 1999, notamment avec l’arrivée aux commandes de cette institution, du Cheikh Mohamed Taouil et sa grande contribution à la revivification et à la mise en lumière du rôle éducatif de ce haut lieu d’apprentissage et de spiritualité.

A son arrivée à Ouled M’taa, cet érudit originaire de Taznakht (Ouarzazate) s’est adonné pleinement à sa mission d’enseignement et de formation des jeunes apprentis jusqu’à 2007, année de la création de l’Association « Al Khaïr », qui s’était vu attribuer, désormais, la mission de gérer ladite medersa, laquelle va connaitre un nouvel essor et une évolution à plusieurs niveaux.

Avant 2007, l’apprentissage du Saint Coran se faisait dans la mosquée de la Zaouia, édifiée sur une superficie de 390 m2, avec quelque 160 jeunes apprentis, qui logeaient également au sein de ce lieu de culte, sachant que les espaces disponibles pour les accueillir, à cette époque, ne dépassait guère les 13 unités.

Si les conditions de travail au sein de cette ancienne medersa étaient au départ assez « difficiles », il était donc « obligatoire » de penser à la mise en place d’un autre établissement à part entière. Une décision qui avait coïncidé avec la mise en œuvre d’un véritable projet sociétal, piloté par le ministère des Habous et des Affaires Islamiques portant sur la mise à niveau des anciennes Medersas.

Ainsi, l’association « Al Khaïr », dans le cadre de la mise en œuvre d’une approche participative avec les autres acteurs de la société civile, a procédé à la pose de la première pierre pour la construction d’une nouvelle école « Medersa », avec le concours de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), du Conseil provincial, des bienfaiteurs et des partenaires.

Le nouveau siège de la Medersa, édifié sur un terrain de 130.000 m2, compte désormais des dépendances administratives, 10 salles de classe, une bibliothèque, une infirmerie, un réfectoire, une salle multimédia, trois dortoirs, des espaces verts, des blocs sanitaires, outre la construction d’une mosquée dans une zone limitrophe.

Le nombre des enseignants et des cadres pédagogiques et administratifs au sein de cette Medersa s’est nettement amélioré, de manière à mieux répondre aux besoins manifestés en termes de formation et d’apprentissage.

Approché par la MAP, Cheikh Mohamed Taouil, chargé de la gestion de la medersa d’Ouled M’taa, a rappelé que cette ancienne institution éducative dispense des formations dans les domaines de la mémorisation du Saint Coran, des sciences téléologiques, ainsi que des sciences linguistiques, avec une ouverture sur les langues étrangères et l’informatique, notant qu’au sein de cette école un intérêt particulier est accordé également à l’éducation.

« Nous éduquons nos élèves à la bonne moralité, à la tolérance, à l’amour d’autrui, de la patrie et du Saint Coran. Et pour preuve ce sont chaque année, entre 60 et 70 apprentis qui obtiennent leurs certificats de l’enseignement primaire originel pour accéder à un niveau supérieur », s’est-il félicité.

Et de rappeler que depuis la dotation de la medersa d’un nouveau siège en 1999 et même avant, sa mission consiste à initier les apprentis à une parfaite mémorisation et récitation du Coran, à la maitrise de son contenu, ses significations et ses enseignements, et à s’ouvrir sur les séances téléologiques et autres connaissances indispensables pour l’édification de leur personnalité.

Par la même occasion, il a loué les efforts inlassables déployés par le ministère de tutelle ainsi que par les bienfaiteurs, afin que cette medersa puisse assurer ses nobles missions dans d’excellentes conditions, notamment celle de renforcer chez les jeunes, cette fierté d’être Marocains et d’appartenir à une grande Nation.