La pharmacie, l’un des maillons forts du système national de santé (Anass Doukkali)

Marrakech – Le ministre de la Santé, Anass Doukkali, a affirmé, vendredi soir à Marrakech, que la pharmacie est « l’un des maillons forts de notre système national de santé », soulignant qu’elle joue un rôle important dans le domaine de la santé publique.

M. Doukkali, qui intervenait à l’ouverture du Salon « Officine Expo 2019 » au Palais des Congrès de la cité ocre, a précisé que la place des pharmaciens fait partie des priorités de la politique du ministère, relevant que les pharmacies occupent un espace de santé disponible sur tout le territoire même dans les coins les plus reculés, ce qui est, a-t-il dit, une grande opportunité pour le conseil, l’éducation sanitaire et thérapeutique, à même de jouer un rôle complémentaire essentiel au service de la santé publique et des programmes de son département.

Soulignant l’importante contribution, qui n’est pas à démontrer, des pharmaciens dans la prévention, la lutte contre les mésusages des médicaments et la pharmacovigilance, constituant ainsi la sécurité sanitaire des citoyens, M. Doukkali a insisté sur la nécessité de renforcer ce rôle et l’intégration des pharmaciens dans les stratégies et programmes du ministère (éducation sanitaire, prévention, vaccination…).

Le ministre, qui a rappelé que les pharmaciens ont participé et construit un secteur de la répartition parmi les meilleurs du Continent africain et contribué aussi à la naissance et au progrès de l’industrie et de la production locale, a indiqué que la pharmacie constitue un secteur organisé, faisant savoir que tout sera mis en œuvre par le ministère pour consolider la pharmacie de proximité et le rôle du pharmacien.

Relevant que le secteur de l’officine connaît, aujourd’hui, de vraies difficultés qui menacent la pérennité et les missions essentielles de ce dispositif national, M. Doukkali a réaffirmé qu’il reste à l’écoute des propositions des pharmaciens et mettra tout en œuvre pour accompagner le secteur du médicament, vital et prioritaire, pour l’aider à sortir de cette situation.

« Nous avons engagé une profonde réflexion sur la réforme de notre système de santé national conformément aux Hautes Directives Royales et de nouveaux scénarios de réforme dans le sillage de la transformation de la Direction du médicament et de la pharmacie, avec engagement à créer l’Agence du Médicament et des produits de santé », a-t-il poursuivi, ajoutant que son département a entamé le dialogue avec les organismes professionnels et les représentants de la profession, en associant la Direction Générale des Impôts (DGI), lequel dialogue a abouti à la mise sur pied de trois sous-commissions, avec de premiers résultats obtenus.

Et le ministre d’expliquer que cinq projets de lois sont finalisés et mis dans le circuit d’approbation concernant la Pharmacopée, la pharmacovigilance, le conseil de l’Ordre, la biodisponibilité, et l’inspection, alors que d’autres textes suivront (Dahir de 1922 sur les stupéfiants, révision de la loi 17/04 et les textes d’application en souffrance…).

Se disant conscient de la nécessité d’appuyer les pharmaciens pour faire face à la situation qu’ils traversent, M. Doukkali a affirmé que son département « a fait de nombreuses propositions dans ce domaine et pris des mesures, dont la dernière en date est l’exonération de la TVA pour les tranches T3 et T4, les plus chères, que nous comptons étendre à tous les médicaments et dispositifs médicaux essentiels ».

Il a aussi rappelé qu’il a été procédé au lancement d’une étude de l’impact de l’application du Décret de fixation des prix sur le secteur avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avec éventuellement une future révision de ce décret, ajoutant que d’autres pistes seront explorées : rémunération des services rendus à la santé publique, droit de substitution…

Notant que le circuit pharmaceutique a connu de nombreuses dérives qui mettent en danger la sécurité des citoyens (médicaments vendus hors circuits, pratiques commerciales illégales et anti-déontologiques, facturations abusives…), M. Doukkali a indiqué avoir tenu récemment une réunion avec les directeurs généraux et les pharmaciens responsables des Etablissements pharmaceutiques Industriels et Grossistes répartiteurs pour appeler au strict respect de la loi et des règles régissant ce domaine, précisant qu’un projet de note circulaire concernant le respect des dispositions législatives et réglementaires relatives à la dispensation et à la facturation des médicaments par les cliniques privées et établissements assimilés a été élaboré et sera diffusé incessamment.

Et le ministre de soutenir que « Nous sommes déterminés à aller de l’avant pour un secteur assaini où chacun aura sa place et jouera harmonieusement son rôle », tout en appelant les pharmaciens « à plus de sérénité et d’adhésion afin de nous accompagner dans le travail de réforme entamé au plus grand bénéfice de la profession et de notre pays ».

Mettant en relief l’importance de ce Salon, M. Doukkali a affirmé que l’Officine Expo, qui en est à sa 16ème édition et placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, est devenu au fil des années un évènement « d’envergure continentale » rassemblant des milliers de pharmaciens marocains et étrangers en majorité africains, dont beaucoup de responsables et de décideurs (Conseils de l’Ordre, Syndicats, Industriels, Grossistes, officinaux, biologistes…).

Il a, en outre, salué le programme riche caractérisant cette édition ainsi que les thèmes variés et pertinents choisis, ajoutant que les formations dispensées seront judicieuses et les discussions fructueuses et constructives.

De son côté, le président du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP), Hamza Guedira, a indiqué que l’ »Officine Expo » constitue un rendez-vous annuel incontournable qui permet aux pharmaciens marocains de mettre à jour leurs connaissances en compagnie de leurs confrères de pays voisins et de différents Etats africains, tout en se félicitant du choix des thèmes et de la qualité des conférenciers présents à ce Salon.

Il a aussi fait remarquer que l’année 2019 semble être une année « charnière » pour les pharmaciens, estimant qu’ »après une véritable traversée du désert que nous avons connus ces dernières années, l’espoir renaît enfin et la lueur d’une nouvelle ère se profile ».

M. Guedira a ainsi salué l’engagement du ministère de la santé à assurer l’environnement idoine pour permettre à l’industrie pharmaceutique de retrouver la place de choix qui est la sienne, en particulier sur le plan continental, ajoutant que grâce à l’appui du ministère, les premiers résultats concrets commencent à voir le jour.

Rappelant que SM le Roi a fait des relations du Maroc avec les pays africains « une priorité absolue », comme en témoigne les multiples visites effectuées par le Souverain et les différents projets réalisés ou lancés dans différents pays africains, M. Guedira a souligné que si le Royaume est présent dans le Continent dans plusieurs domaines tels que celui de l’agriculture, des banques et des télécoms, le domaine pharmaceutique n’est pas en reste, puisque plusieurs laboratoires marocains ont réalisé des projets industriels et d’autres sont en cours dans des pays africains frères et amis.

Dans ce cadre, il s’est réjoui de la présence à ce Salon de confrères africains avec lesquels il est toujours agréable d’échanger dans les domaines professionnels et de partager les séances de recyclage et d’information scientifique.

Relevant que le médicament devient particulièrement sophistiqué et sa manipulation demande une formation spécialisée, alors que de plus en plus de médicaments issus de biotechnologie voient le jour, M. Guedira a fait remarquer que la pharmacovigilance connaît « un renouveau sans précédent » qui nécessite une vigilance et un savoir-faire, au point que le rôle du pharmacien « n’a jamais été aussi crucial ».

Après avoir rappelé que le Maroc est parmi les plus grands exportateurs de plantes médicinales, d’huiles essentielles et d’autres algues maritimes à l’état brut, et que la médecine traditionnelle marocaine est des plus riches puisqu’elle va des troubles gastriques au diabète et autres pathologies chroniques, M. Guedira a plaidé pour le lancement de projets de recherche dans ces domaines avec la collaboration des confrères africains qui sont dans la même situation.

Par la suite, M. Doukkali a effectué une visite à travers les différents stands d’ »Officine Expo 2019″, le Salon référence de la pharmacie sud-méditerranéenne et africaine, qui consacre sa place de leader des salons pharmaceutiques au niveau du Maroc et du Continent africain.

Centrée, cette année, sur l’innovation au service de la pharmacie et du suivi du patient, cette 16ème édition du Salon, marquée par la participation des chefs de directions des médicaments et représentants de Conseils des ordres de pharmaciens de 54 pays africains invités, ainsi que des experts et représentants d’institutions internationales d’Europe, du Canada, d’Espagne, des Etats-Unis, de France, et de Suisse, propose, deux jours durant, des conférences avec des thématiques ciblées prenant en compte les priorités du système de santé.

Le Salon accueille, en outre, 125 exposants permettant ainsi « un véritable rapprochement » entre partenaires du secteur du médicament, fournisseurs de produits de santé, d’hygiène et spécialistes de dermo-cosmétologie.