Le Maroc a connu un processus d’intégration nationale fort et fructueux

Marrakech – Le Maroc qui a réalisé des progrès remarquables dans divers domaines, a connu un processus d’intégration nationale fort et fructueux, a souligné, samedi à Marrakech, le juriste et politologue, M. Abdallah Saaf.

« Ce qui caractérise la situation marocaine par rapport à l’ensemble des pays de la région, c’est cette forte intégration nationale (…), ce qui explique que nous n’avons pas de problèmes avec le plurilinguisme, le pluriculturalisme et même le pluralisme politique », a expliqué ce professeur des sciences politiques et directeur du Centre des Etudes et Recherches en Sciences Sociales, qui animait une conférence placée sous le thème « le Maroc face aux mutations internationales post-bipolaires ».

Lors de cette conférence organisée dans le cadre de l’édition 2021-2022 du Cycle des grandes Conférences « Les Tribunes de Marrakech », l’ex-ministre de l’Education nationale et membre de la Commission pour la révision de la Constitution de 2011, a indiqué que le Maroc d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier : le Maroc, confiant et entreprenant, a réalisé des progrès remarquables dans divers domaines.

« S’il considérait, pendant longtemps, l’Europe comme locomotive du développement, et s’y adaptait à différents niveaux, le Royaume d’aujourd’hui a diversifié ses partenaires et ses marchés », a-t-il enchaîné cet auteur de nombreux livres, dont « Le conquérant de l’empire imaginaire », une exploration entre la fiction, la science politique et l’histoire pure et dure, « Carnet du bus », ou encore « Une année considérable » qui raconte son expérience de l’éducation nationale.

Le conférencier a, par ailleurs, insisté sur l’importance de l’État-Nation en tant que pilier des relations internationales. « Pendant longtemps, on a nourri l’ambition de marginaliser l’État-Nation à la faveur de l’émergence d’un gouvernement mondial, et par voie de conséquence la suppression du système westphalien », a-t-il dit.

Toutefois les mécanismes de l’État-nation ont désamorcé cette notion du gouvernement mondial, a-t-il ajouté, faisant savoir que les regroupements régionaux et internationaux n’ont pas pu remplacer l’Etat-nation, qui a affirmé sa prédominance plus que jamais.

Rappelant que le monde, en perpétuelle mutation, a connu aussi bien la bipolarité que l’unipolarité et la multipolarité, M. Saaf s’est interrogé sur le fait de savoir si les évènements que connait la scène internationale, actuellement, relèvent-ils d’une rupture après la stabilité ?.

En tout cas, pour lui, il ne s’agit pas d’une phase de désordre, mais plutôt d’une période de turbulences caractérisée par une multiplicité des conflits, la diversification des acteurs, la dispersion et la décentralisation de la puissance et surtout par la montée d’acteurs non étatiques, ce qui, a-t-il estimé « atteste d’une complexité grandissante du monde contemporain ».

« Les crises sont devenues multidimensionnelles touchant plusieurs domaines. L’écart entre la guerre et la paix s’est rétréci. On arrive plus à distinguer nettement l’état de guerre de l’état de paix. Le début et la fin d’un conflit ne sont plus délimités, ainsi le conflit est devenu un continuum », a-t-il soutenu, affirmant que la résolution des crises est presque inatteignable.

Pour sa part, le président de l’Université Cadi Ayyad (UCA), My El Hassan Ahbid, a rappelé que ce cycle de conférences vise à analyser « cette nouvelle représentation du monde pour faire face à ce déferlement technologique, aux compétitivités économiques et aux transformations géopolitiques dans le monde »

Dans ce sens, M. Ahbid a souligné que le « Maroc d’aujourd’hui change et évolue grâce à la dynamique enclenchée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Une évolution qui se fait en ayant conscience qu’il fait partie d’un panorama mondial qui se transforme lui aussi et auquel il est amené à faire face ».

Le cycle « Les Tribunes de Marrakech » de l’UCA compte aujourd’hui plus d’une quarantaine de conférences d’envergure internationale accueillant d’éminentes personnalités du monde politique, scientifique et culturel de tous horizons.

Ces tribunes se veulent un rendez-vous incontournable permettant de promouvoir le rayonnement culturel et intellectuel de la ville de Marrakech et du Maroc, et de réhabiliter l’Université dans son rôle social et sociétal, en harmonie avec la vision qu’elle a tracée dans le cadre de sa stratégie 2017-2020.