L’oléiculture, un pilier majeur du secteur agricole dans la région

Marrakech – Amplement ancrée depuis des siècles dans les traditions agricoles quotidiennes des habitants, l’oléiculture, autour de laquelle s’est installé tout un savoir-faire avéré, constitue l’un des piliers majeurs du secteur arboricole au niveau de la région Marrakech-Safi.

Les potentialités dont dispose la région en ce qui concerne cette filière phare et prometteuse, notamment en raison de sa forte résilience aux aléas climatiques, font que l’oléiculture apparait comme « la première essence arboricole » dans cette partie du territoire national.

Une importance socio-économique considérable de cette filière, comme en témoigne la place remarquable qu’occupe la région Marrakech-Safi à l’échelle nationale, en arrivant au second rang avec 24% de la production nationale et 20% en termes d’exportations des conserves d’olives, pour lesquelles, la région Marrakech-Safi couvre quelque 52% à l’échelle nationale.

Au niveau de la région Marrakech-Safi, la culture de l’olivier s’étendait sur une superficie totale de 254.000 ha en 2021 et se trouve pratiquée par quelque 144.000 agriculteurs répartis en grande majorité à travers des petites exploitations, selon les données de la Direction Régionale de l’Agriculture (DRA) Marrakech-Safi.

Les efforts déployés à l’échelle régionale grâce à la DRA Marrakech-Safi et aux autres services déconcentrés du département de l’Agriculture ont permis l’extension des superficies plantées au moment où celles-ci, ne dépassaient guère les 173.650 ha en 2008, date de démarrage officiel du « Plan Maroc Vert », selon la DRA.

Toujours en chiffres, la production oléicole au titre de la campagne agricole en cours est estimée à 384.000 tonnes, et ce malgré le déficit pluviométrique enregistré au niveau régional, précise-t-on de même source.

L’intérêt porté à l’oléiculture au niveau de la région Marrakech-Safi s’est concrétisé à travers la réalisation de 32 projets d’investissement privé subventionnés par l’Etat et 34 projets d’agriculture solidaire pour un investissement de 2,5 milliards de DH. Pour ces derniers, il s’agit de projets « clé en main » pour les petits agriculteurs, explique la DRA.

Des investissements considérables qui se proposent, in fine, de permettre l’émergence d’exploitations modernes, à même d’impacter de manière positive les performances de cette filière à l’échelle régionale, aussi bien en ce qui concerne le rendement que la qualité.

De même, la région Marrakech-Safi dispose de 510 unités de trituration et de 23 conserveries d’olives, avec comme points forts à son actif, une reconnaissance de deux (AOP) (Appellation d’Origine Protégée) : l’huile d’olive « Tyout Chiadma » et « Aghmat Aylane », outre une IGP (Indication Géographique Protégée) : « IGP huile d’olive Amezmiz ».

Des performances, tous azimuts, qui d’année en année vont crescendo, sachant que le secteur oléicole génère une valeur ajoutée estimée à 2,3 milliards de DH, et crée annuellement quelque 14 millions de journées de travail en amont et en aval.

Tous ces atouts et bien d’autres font que l’oléiculture permet à la région Marrakech-Safi de se positionner parmi les meilleures régions en termes de qualité.

Pour persévérer sur la voie de l’excellence malgré une conjoncture difficile marquée par la persistance de la propagation de la pandémie du nouveau coronavirus et ses variants, la DRA a doublé d’effort à travers une série d’actions sur le terrain, notamment une mobilisation permanente de l’ensemble des services déconcentrés du département de l’Agriculture, la multiplication des campagnes de sensibilisation des agriculteurs, ainsi que des responsables des exploitations et des unités de valorisation, et la distribution au profit des agriculteurs de guides pratiques de prévention contre la Covid-19.

C’est dire que malgré un contexte sanitaire difficile et un grand déficit pluviométrique, la filière oléicole au niveau de la région augure d’un avenir prometteur étant donné sa capacité énorme d’adaptation aux changements climatiques.

En outre, l’oléiculture bénéficie dans le cadre de la nouvelle stratégie agricole « Génération Green » lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avec des actions plus ciblées notamment, l’orientation de l’extension des superficies dans des zones réputées par une pluviométrie suffisante ou au niveau des zones qui disposent des eaux d’irrigation. La finalité étant de pérenniser l’oléiculture et d’améliorer sa productivité, son rendement et sa compétitivité.

En aval de cette filière, l’intérêt portera dans le cadre de « Génération Green » sur la mise à niveau des unités de valorisation, l’amélioration de la qualité et l’augmentation du volume des exportations.