M. Mustapha Chouabi, un engagement en faveur du handicap

Par Omar Er-rouch
Commune de Sidi Chiker (Province de Youssoufia) – Fraîchement élu président du conseil communal de Sidi Chiker relevant de la province de Youssoufia, M. Mustapha Chouabi, personne à besoins spécifiques, incarne l’image d’un véritable « militant » voué à changer le regard de la société sur le handicap.

Portant les couleurs du Parti Authenticité et Modernité (PAM), M. Chouabi n’hésite guère à rappeler que le handicap, qui « n’est pas une déficience de l’âme et du cœur », est le grand absent des institutions et des formations politiques, appelant les partis politiques et le pouvoirs publics à tendre la main aux personnes à besoins spécifiques dans une vie politique déjà rude et complexe.

Faisant montre de « résistance » inouie aux clichés et aux stéréotypes qui entourent le handicap, le jeune élu communal, qui vient de souffler sa 36è bougie, a majestueusement réussi son implantation au sein de cette instance élue où, il avait entamé son parcours politique en 2015 « pour faire changer le visage de Sidi Chiker et l’inscrire dans la dynamique socio-économique lancée dans le Royaume », se rappelle ce militant, avec tant de fierté et un regard serein et optimiste.

Considéré comme proche des gens, toujours à leur écoute, adepte du franc-parler et un homme de terrain et de communication, M. Chouabi a conquis les électeurs de la commune qui ont porté leur choix sur lui depuis sa décision de s’engager dans le champ politique.

Après tant d’années consacrées à l’action politique et à la gestion de la chose locale, M. Chouabi a vu son parcours couronné de succès en se plaçant, haut la main, aux commandes du Conseil communal de Sidi Chiker, avec tant de détermination et d’engagement qui le marquent depuis son enfance, ont confié plusieurs de ses amis et compagnons dans cette aventure politique, dans des témoignages livrés à M24, la chaîne télévisée de l’information en continu de la MAP.

« En tant que président du Conseil communal, j’essayerai en coordination avec les membres du bureau, presque tous des amis d’enfance, d’améliorer le niveau de vie des habitants de la commune notamment, dans le domaine de l’eau potable », promet ce jeune élu communal pour qui, le handicap n’a jamais constitué « un frein » devant ses rêves et ambitions.

« Je sentais de l’amertume quand je voyais les habitants de certains douars de la commune se réveiller à 3h du matin pour faire des kilomètres de marche pour s’approvisionner en eau à partir de puits lointains. La généralisation de l’eau potable sera notre priorité absolue », s’engage ce jeune militant.

Malgré des déformations physiques dont, il souffre au niveau du pied droit et des deux mains, M. Chouabi va toujours très vite dans la vie. Après des études primaires à l’école de son douar, il a décidé de faire ses premiers pas en dehors de son fief premièrement, dans la ville d’Echemmaia pour intégrer le lycée-collégial, puis à Safi pour rejoindre le lycée-collégial technique.

Une expérience si enrichissante avec six années passées dans des internats où, il a esquissé ses qualités de communication sociale et acquis l’art de l’écoute, de la patience et de l’échange posé et serein avec autrui.

Avec en poche un diplôme de technicien supérieur spécialisé en électromécanique délivré par l’Ecole Supérieure de Technologie (EST) de Safi, le jeune entame sa recherche dans la vie active, dans l’espoir de pouvoir décrocher un premier emploi.

Et c’est à partir de cette date qu’il découvre, pour la première fois, le sentiment d’être une personne à besoins spécifiques. « Je ne me suis jamais senti inférieur par rapport à mes camarades de classe, jusqu’à ma quête d’emploi. Après avoir passé les épreuves écrites et orales d’un concours de recrutement, j’étais jugé invalide par le médecin de la société », se rappelle le jeune élu avec certain regret.

Un choc, un désarroi et une amertume… « Surtout, que c’est pour la première fois que je me trouve jugé par mon physique et non pas par ce que je peux faire », se rappelle-t-il encore.

Cette expérience malheureuse s’est dupliquée lorsqu’il a essayé d’obtenir son permis de conduire. « Le médecin a jugé que j’étais inapte, alors que je peux conduire une voiture même à quatre pédales », s’insurge M. Chouabi, qui fait des centaines de kilomètres, chaque semaine, entre la commune de Sidi Chiker et Rabat, où il travaille en tant que technicien dans une société.

Même s’il tient à affirmer que son handicap n’a pas perturbé sa carrière à tous les niveaux, le jeune président communal est, plus que jamais, déterminé à changer le regard de la société sur le handicap, notamment en œuvrant pour le renforcement de l’adhésion et de la participation des personnes souffrant de handicap, à la gestion de la chose publique.

« Je suis convaincu que les personnes à besoins spécifiques sont les mieux placées pour défendre la cause de cette frange de la société, sans omettre que leur participation dans la vie politique contribue à la représentation de la société et apporte beaucoup au débat public », explique-t-il.

Dans ce sens, il a préconisé « la fixation d’un quota consacré aux personnes à besoins spécifiques, à l’instar du quota consacré aux femmes ». « Le Maroc gagnera beaucoup en consacrant un quota aux personnes en situation de handicap, à même de leur permettre de disposer de représentants au sein des conseils élus notamment, au Parlement », préconise ce père de deux enfants qui aspire tant les inspirer en termes de dépassement de soi, d’engagement et de persévérance.

S’agissant de son programme politique, qui « a gagné la confiance des habitants », M. Chouabi souligne que les membres du Conseil communal vont s’intéresser davantage aux dossiers prioritaires notamment, ceux liés à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation (le transport scolaire) et à la santé.

« Le budget de la commune est limité, alors que les attentes sont énormes. Ainsi, nous allons travailler sur des projets à petit budget mais qui auront un impact visible sur la vie des habitants », tient à souligner cet élu communal, estimant que la clé pour la réussite de ce chantier est de trouver des partenaires publics et privés engagés et prêts à investir dans le développement durable de cette partie du territoire national.

« Nous allons frapper à toutes les portes pour trouver les financements nécessaires à la mise en œuvre des projets dont, les habitants de la commune ont besoin et ainsi contribuer à la croissance socioéconomique provinciale et régionale », tient à souligner, en guise de conclusion, M. Chouabi.