Nécessité de la coordination des services fournis aux femmes victimes de violences

Marrakech – Les participants à une rencontre, organisée les 28 et 29 novembre à Marrakech, par la Présidence du Ministère Public dans le cadre du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre du protocole territorial de prise en charge des femmes victimes de violences, ont mis l’accent sur la nécessité de la coordination des services fournis par les différentes parties prenantes et intervenants.

Dans leurs recommandations ayant sanctionné les travaux de cette rencontre, ils ont insisté sur l’importance de la participation aux réunions des comités de coordination locaux et régionaux de l’ensemble des secteurs, et de veiller à ce que toutes les femmes victimes bénéficient des services prodigués et à accompagner le processus de leur prise en charge en coordination avec le reste des intervenants.

Ils ont également recommandé d’accompagner les responsables chargés des cellules de prise en charge des femmes victimes de violences (cellules judiciaires, cellules des services médicaux et des établissements d’accueil) en termes de formation et de performance, mettant l’accent sur la nécessité de l’activation auprès des autorités judiciaires des plaintes reçues par les services sanitaires et les établissements d’accueil concernant la dénonciation de cas de violence à l’égard des femmes.

Les participants ont appelé aussi à l’adoption du numérique pour faciliter le processus, atteindre les catégories ciblées et renforcer l’accès des victimes aux services, soulignant l’importance de mobiliser des médecins spécialisés au sein des unités de soins médicaux pour éviter le retard dans la fourniture des prestations médicales, en particulier pendant les heures de travail, les jours fériés et les week-ends.

Ils ont, en outre, préconisé le renforcement des structures d’accueil des femmes victimes de violences et la facilitation de leur accès aux soins nécessaires, tout en mettant en relief l’importance de la sensibilisation des médecins à la gravité des violences basées sur le genre et à son impact social sur la victime.

Ils ont fait observer que la dynamisation des réunions des comités de coordination locaux et régionaux constitue un mécanisme essentiel pour mettre en œuvre ce protocole territorial, assurer le suivi des performances des secteurs concernés et garantir la spécialisation en matière de traitement des questions relatives aux violences faites aux femmes, au sein des cellules.

Enfin, ils ont plaidé en faveur de la réhabilitation des centres d’accueil et de leur généralisation à l’ensemble des provinces du Royaume en vue de favoriser l’autonomisation économique des femmes victimes de violences, soulignant l’importance du partage des données collectées au niveau de ces structures avec les différents départements et parties concernés par ce protocole (santé, ministère public, …).

Le programme de la rencontre, initiée aussi dans le cadre du programme de coopération avec l’entité des Nations Unies pour l’égalité entre les deux sexes et l’autonomisation des femmes, comportait la présentation des résultats de l’évaluation de la mise en œuvre du protocole territorial de prise en charge des femmes victimes de violences, et des ateliers axés sur « les mécanismes d’accueil et d’accompagnement pour renforcer l’accès des femmes victimes de violences à la protection », « l’identification des besoins des femmes victimes de violences et les coûts de prise en charge », et sur les « services d’hébergement et les perspectives d’autonomisation ».