Nécessité d’investir davantage dans la mobilisation des ressources en eau non conventionnelles

Benguérir (Province de Rehamna)- Les participants à un congrès scientifique autour du thème « la gouvernance et la gestion de la rareté de l’eau : Défis et priorités », ont souligné, vendredi à Benguérir, la nécessité d’investir davantage dans l’utilisation des techniques de mobilisation des ressources en eau non conventionnelles, telles que le dessalement d’eau de mer et la réutilisation des eaux usées après leur traitement notamment, dans le secteur agricole.

Via un document baptisé la « Déclaration de Benguérir des compétences marocaines à l’étranger et des experts dans le domaine des eaux et de la gestion de ces ressources » ayant sanctionné les travaux de ce Congrès, les participants ont plaidé en faveur de la promotion des techniques de mobilisation des ressources en eau non conventionnelles, tout en veillant au respect strict des normes environnementales.

Ils ont, de même, préconisé l’adoption de mesures rigoureuses pour faire face à la surexploitation de la nappe phréatique et des eaux souterraines en tant que réserves stratégiques pour le Maroc, et ce, à travers la mise en œuvre des lois relatives à la protection des ressources hydriques, la mise en place de mécanismes pour l’alimentation de la nappe phréatique et la lutte contre le « forage sauvage » et la promotion de la rationalisation de l’utilisation des eaux souterraines.

Dans le même sillage, les participants ont souligné l’impératif de revoir les investissements agricoles et les cultures causant une surexploitation de la nappe phréatique et à orienter ce secteur très consommateur d’eau, vers l’utilisation des technologies modernes de façon à préserver les ressources hydriques, tout en recommandant d’imposer aux grands projets structurants l’obligation d’intégrer les changements climatiques dans leurs études et schémas.

Les multiples intervenants ont été unanimes ont mis en relief l’importance de faire de la politique hydrique un pilier majeur dans l’élaboration de projets de développement et de politiques nationales, tout en garantissant la justice hydrique et le droit à l’eau à tous les citoyens, soulignant la nécessité de l’amélioration de la gouvernance de l’eau et l’adoption d’une approche globale basée sur une approche participative, de communication et d’évaluation pour un changement des politiques et des méthodologies dans le traitement des ressources en eau et la rareté de l’eau.

Les participants se sont aussi félicités de cette volonté politique visant la promotion des compétences et la recherche scientifique et l’innovation en tant que fondement pour l’élaboration de politiques publiques notamment, dans le domaine de l’eau et des changements climatiques, se disant en faveur du renforcement du rôle de la recherche scientifique et du soutien des Universités et des Centres de Recherche et l’implémentation de la technologie de dessalement des eaux de mer, de traitement des eaux usées et leur réutilisation, et de l’utilisation des énergies renouvelables en la matière.

Tout en se félicitant de cette attention particulière accordée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux Marocains Résidant à Etranger (MRE) et en interagissant avec les Hautes Orientations Royales appelant à un traitement diligent de la problématique de l’eau, les participants ont, à l’unisson, réitéré leur engagement à mettre leurs compétences et expertises à la disposition de leur pays, en vue de renforcer le rôle de l’intelligence collective dans la proposition de solutions réalistes à même de permettre au Royaume de faire face à cette crise hydrique sans précédent et de relever les défis des changements climatiques.

Initiée conjointement par le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME) et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), cette rencontre vise à réunir des experts marocains d’ici et d’ailleurs en vue de construire ensemble des propositions, de nature à contribuer à l’instauration d’une bonne gouvernance dans la gestion des ressources en eau et à la réalisation de la sécurité alimentaire et hydrique au Maroc.

Les participants à ce Congrès scientifique ont débattu de thématiques se rapportant notamment aux « Politiques de développement et les ressources hydriques », « la gouvernance de l’eau », « l’utilisation des techniques non conventionnelles », « la souveraineté hydrique et la sécurité alimentaire » et « la contribution des compétences marocaines à l’étranger dans les domaines de l’eau, des changements climatiques et la lutte contre le stress hydrique au Maroc ».