Droits humains: Pour une pédagogie renouvelée

Marrakech – La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Mme Amina Bouayach a plaidé, lundi à Marrakech, en faveur d’une pédagogie renouvelée et complémentaire de l’éducation aux droits de l’Homme.

Mme Bouayach, qui animait une conférence organisée à la Faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) de Marrakech, sous le thème « l’éducation et la formation aux droits de l’Homme au Maroc : enjeux et perspectives », a mis l’accent sur l’importance du renouvellement des programmes scolaires et leur adaptation avec les mutations accélérées que connait la société en ce qui concerne les droits de l’Homme.

« Au sein des écoles et des universités, les pédagogies traditionnelles d’éducation aux droits de l’Homme doivent être épaulées par un champ d’application des droits de l’Homme, et ce, en partant d’une situation sociale simulant la réalité effective et comportant une problématique juridique qui fera l’objet d’un débat collectif et interactif sous formes de petits groupes », a expliqué Mme Bouayach, relevant que la question de l’éducation aux droits de l’Homme figure au rang des priorités des missions et des programmes du CNDH, l’objectif étant d’infléchir les attitudes au sein de la famille, le voisinage proche et l’école et d’opérer un changement des mentalités.

Dans ce cadre, elle a relevé l’importance des clubs de citoyenneté, qui s’acquittent de rôles importants dans le cadre de la promotion et de la diffusion de la culture des droits de l’Homme, étant donné que l’école est le lieu par excellence de consécration des valeurs des droits humains.

Mme Bouayach, qui présentait pour la première fois, les conclusions et recommandations du CNDH concernant les nouvelles techniques et modes alternatifs à adopter dans le cadre de l’éducation aux droits de l’Homme, a mis l’accent sur la nécessité de s’habituer à la présence virtuelle des positions et avis différents, ce qui est de nature à lutter contres les discours de haine et de violence et le rejet de l’autre.

Et de relever que le CNDH accorde une attention particulière à la question du renforcement des capacités des acteurs de l’éducation au droits de l’Homme et à l’adoption de toutes les formes d’expression, de nature à contribuer de manière efficace à la diffusion de cette culture en milieu scolaire, professionnel et universitaire, ainsi qu’au niveau des institutions nationales, telles que l’institution sécuritaire, soulignant que le Conseil se caractérise par son ouverture sur tous les acteurs artistiques, scolaires, sociaux, civils et économiques.

Après avoir appelé à la mise en place de mécanismes pour l’évaluation et le suivi de l’impact de l’éducation aux droits de l’Homme, Mme Bouayach a relevé que le foisonnement numérique a engendré un défi nouveau et complexe relatif à la protection des droits humains dans l’espace cybernétique.

Si l’espace cybernétique a permis d’élargir le champ des libertés de l’expression, il n’en demeure pas moins qu’en même temps certaines pratiques comme les fake news notamment en temps de la pandémie de la Covid-19 constituent une violation et une atteinte aux droits de l’Homme, a-t-elle ajouté.

Dans ce contexte, Mme Bouayach a mis l’accent sur le rôle important de l’université dans le cadre de l’éducation aux droits humains, relevant que la culture des droits de l’Homme représente un processus renouvelé et étendu sur le temps visant à opérer les attitudes et les mentalités.

Dans son intervention, la présidente du CNDH a aussi mis en exergue les priorités de l’agenda actuel de cette institution nationale de protection et de promotion des droits de l’Homme.

De son côté, le président de l’Université Cadi Ayyad (UCA), Moulay Lhassan Hbid, a souligné que la culture des droits de l’Homme constitue la base de la démocratie, qui est elle aussi le fondement de tout développement socioéconomique, relevant que le partenariat de cet établissement d’enseignement supérieur avec le CNDH a été très fructueux et traduit l’ouverture de cette université sur son environnement socioéconomique.

Organisée par le Groupe de recherche sur l’administration et les politiques publiques (GRAPP) et le Laboratoire des études constitutionnelles et d’analyse des crises et des politiques (LECACP) relevant de la FSJES, cette rencontre a connu la participation de responsables de cette faculté, des coordinateurs de laboratoires de recherches de cet établissement d’enseignement supérieur, des étudiants du master « Droits de l’Homme et libertés publiques », ainsi que des membres de la Commission régionale des droits de l’Homme (CRDH) de Marrakech-Safi.