Résultats de l’évaluation de deux initiatives agro-écologiques

Marrakech – Les résultats de l’évaluation scientifique de deux initiatives agro-écologiques marocaines ont été présentés vendredi à Marrakech, lors d’un atelier scientifique national organisé à la cité de l’innovation relevant de l’Université Cadi Ayyad (UCA), à l’initiative conjointe d’Agrisud International et de la Fondation Norsys.

Ces initiatives agro-écologiques représentent la composante 2 du projet « AVACLIM » (Agroécologie, une voie d’adaptation au changement climatique dans les zones sèches), initié à l’international par le CARI et coordonné au Maroc par Agrisud International et la Fondation Norsys.

Mis en œuvre dans sept pays à savoir : l’Afrique du Sud, le Brésil, le Burkina Faso, l’Ethiopie, l’Inde, le Maroc, et le Sénégal, ce projet vise à contribuer à un développement de l’agro-écologie dans les zones sèches en tant qu’outil pour l’adaptation au changement climatique, et pour renforcer la sécurité alimentaire à long terme.

Rehaussé par la participation d’une pléiade d’experts, d’acteurs de l’agriculture écologique, de représentants d’ONGs et d’établissements publics de recherche scientifique ainsi que des acteurs du secteur privé et de la société civile, cet atelier a permis d’ouvrir un débat sur les quatre étapes d’évaluation selon la méthodologie du projet et donc, de mieux comprendre les effets et conditions de réussite de ces deux initiatives.

A noter que la première initiative agroécologique portée par la coopérative Mohamedia composée de 49 adhérents, concerne l’Oléiculture et production d’huile durable dans la palmeraie de Skoura, sur une superficie de 50 hectares.

Quant à la seconde initiative, elle se rapporte à différentes activités agricoles en plus de l’élevage de bétail portée par l’association Immigration et développement au massif de Siroua, dont le nombre est estimé à 145 adhérents.

Un exposé présenté lors de cet atelier, a mis l’accent sur les caractéristiques des initiatives évaluées, la méthodologie d’évaluation, la caractérisation de la nature ou du niveau de transition agroécologique de l’initiative, et l’évaluation des effets individuels et collectifs, restreints et étendus, de l’initiative agroécologique.

Pour la première initiative, l’accent a été mis sur la nécessité de développer cinq axes : la gestion économique de l’eau, l’attraction des jeunes, l’amélioration du savoir-faire sur le processus de production agroécologique, le renforcement de l’élevage et le développement des maillons transformation et commercialisation.

S’agissant de la deuxième initiative, l’exposé a relevé qu’elle a permis de changer les pratiques des agriculteurs envers l’agro-écologisation à travers l’introduction du maraîchage, le non-usage des engrais chimiques et de pesticides, appelant à développer trois axes à savoir la gestion économique de l’eau, l’attraction des jeunes, l’amélioration du savoir-faire sur le processus de production agroécologique.

Intervenant à cette occasion, Mme Nisrine Lamine, coordinatrice nationale du projet « AVACLIM » au Maroc, a relevé qu’Agrisud et la Fondation Norsys ainsi que les partenaires projets ont la volonté d’apporter une contribution, en relation avec tous les efforts déployés en matière de promotion de l’agro-écologie.

« Il s’agit de poser l’une des pierres angulaires pour l’édification de stratégies permettant de créer une synergie d’action entre les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile en vue du développement de l’agro-écologie », a-t-elle expliqué.

Et de poursuivre que les travaux de cet atelier de restitution vont aider non seulement à prendre la mesure de l’urgence au moment où, le Maroc a décidé de mettre en œuvre la Stratégie Génération Green où l’agro-écologie pourrait avoir une place de choix en faveur de la petite agriculture en particulier, mais aussi à faire émerger des propositions novatrices qui viendront nourrir la dynamique des actions concrètes à mener dans ce cadre au cours des prochaines années.

Dans une déclaration à M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP,  la directrice de la Fondation Norsys, Mme Imane Taaime, a indiqué que le projet accorde une attention particulière à l’agroécologie, en relation avec les changements climatiques.

Ce projet vise à contribuer à un développement de l’agro-écologie dans les zones sèches, en tant qu’outil pour l’adaptation au changement climatique, et pour l’accroissement de la sécurité alimentaire à long terme, a-t-elle conclu.