SAFIMER : Quand Safi met en avant sa vocation maritime

Par : Samir LOTFY
Safi – Le Salon « SAFIMER » qui a soufflé, du 22 au 25 juillet, sa 3è bougie constitue une véritable « fenêtre » complètement orientée vers la découverte et la mise en avant de la vocation maritime de Safi, avec un focus détaillé sur les potentialités riches et variées et sur les opportunités offertes pour investir dans les diverses activités en relation avec la mer.

Mettant en valeur la beauté de la mer, sa vocation humaine et son potentiel économique et écologique, ce Salon dit aussi « la Fête de la Mer » tire son importance déjà, de la place de choix qu’occupe Safi, cité qui, de tout temps, a entretenu une relation des plus étroites avec son espace maritime et son port, l’un des plus emblématiques et historiques du Royaume.

L’attachement de Safi, à travers l’histoire, à son littoral en tant qu’espace stratégique et vital a eu pour effet également d’attribuer à la Cité de l’Océan une notoriété inégalable tout en permettant à son port de pêche de jouer un grand rôle dans le développement de la ville en la labellisant, des années durant, de « capitale nationale de la Sardine ».

La vocation maritime de Safi avec un littoral long de 120 km, fait que la province dispose de trois ports, dont celui de la ville complètement orienté vers les trafics et activités portuaires liés aux céréales, aux phosphates et dérivés, au souffre, aux minerais, à la pêche et à la construction et la réparation navales; et le port de Safi Atlantique situé à 15 km au sud du port Safi-ville, avec une zone portuaire de 292 ha.

Le troisième étant le port de pêche de Souiria L’Kdima situé à 30 km au sud de la ville de Safi, avec une digue de protection, une Cale de halage de 2.700 m2, un Quai d’embarquement, une halle aux poissons, et des locaux pour pêcheurs….etc.

Le secteur de la pêche à Safi constitue l’un des socles des économies locale et régionale, comme en témoignent des indicateurs économiques et sociaux très importants, avec à titre d’exemple pour 2020 et 2021, des débarquement de l’ordre de 65.809 tonnes ayant engendré une valeur de 429,042 millions de DH, quelque 30 unités industrielles ayant produit 41.909,9 tonnes et un chiffre d’affaires évalué à 1.577.604.573,10 DH, selon les chiffres de la Délégation de la Pêche Maritime de Safi publiés lors du Salon SAFIMER.

La province compte, en outre, une flotte de pêche opérationnelle de 165 unités pour la pêche côtière, et 1.235 pour la pêche artisanale, ainsi qu’une main d’oeuvre de 24.000 dont 6.000 postes d’emploi indirects.

Quant à la répartition des unités industrielles de la pêche maritime selon la nature de l’activité, elle se présente comme suit : 19 unités de conservation et une unité de stockage, 3 unités spécialisées dans la production de l’huile et la farine de poisson, 2 unités de congélation, et 5 pour le poisson frais et les crustacés.

Pour le volume des exportations des unités industrielles de la pêche à Safi, il a été de l’ordre de 27.333,18 tonnes en 2021, dont 241,59 tonnes pour les grandes crustacés à destination de l’Espagne, 809,1 tonnes pour le poisson congelé à destination de l’Italie et du Canada, 2.218,5 tonnes pour le poisson frais orientés vers l’Espagne et le Portugal, et 24.063,83 tonnes pour les conserves à destination de l’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique, précise-t-on de même source.

Quant au volume de la production des unités industrielles de la pêche à Safi au titre de 2021, il a été de l’ordre de 41.909,9 tonnes, dont 5.956,40 tonnes pour l’huile et la farine de poisson, 719 tonnes pour le poisson congelé, 2.549 tonnes pour le poisson frais et les grandes crustacés, et 32.684,79 tonnes pour les conserves.

Dans une déclaration à M24, la chaine télévisée de l’information en continu de la MAP, M. Hassan Saadouni, président du comité d’organisation de SAFIMER, a rappelé que Safi se veut une ville maritime par excellence, à travers l’histoire notamment, avec la présence de l’ancien port dit « Tazafine » qui accueillait des navires commerciaux venus récupérer certains produits locaux comme la laine.

C’est pour cela que la ville de Safi comptait, par le passé, plusieurs consulats étrangers notamment d’Angleterre, de Danemark…., a-t-il poursuivi, notant que pour Safi, la mer a été et reste toujours un symbole de la vie et un moteur du dynamisme économique notamment, avec cette mixité et cette symbiose qu’elle a engendré entre civilisations notamment, une forte présence juive avec les grands négociants de l’époque ayant largement joué un rôle de taille dans la prospérité de la « Perle de l’Atlantique ».

« Avec le démarrage de la construction du port de Safi en 1922, les choses ont commencé à changer notamment, avec la découverte de gisements de phosphate à El Youssoufia et la connexion de la ville de Safi au réseau des chemins de fer, consolidant davantage le positionnement de la ville d’un point de vue maritime », a expliqué M. Saadouni.

« La mer a été toujours ce moteur de la dynamique économique de la ville de Safi où, à cette époque, l’ensemble des institutions bancaires les plus importantes étaient représentées », a-t-il rappelé, notant qu’après la première guerre mondiale, on enregistrait un fort engouement pour la Sardine de Safi de la part des pêcheurs portugais et français, alors même que la cité de l’océan va abriter un nombre important d’unités industrielles liées à la pêche de la Sardine créées par des français et des marocains.

Dans la foulée, M. Saadouni s’est attardé sur le potentiel sardinier de Safi et les conditions favorisant son développement, avec un volume qui peut atteindre actuellement les 80.000 tonnes parmi celle de qualité meilleure, se félicitant de voir les unités de conservation à Safi, une vingtaine au total actuellement opérationnelles dans la conserverie et la pasteurisation, exporter leur production vers une centaine de pays à travers le monde.

« Ces unités de conservation de la Sardine ultramodernes sont réalisées conformément aux dimensions et aux normes internationales, et sont dotées de l’ISO 9000 et de la FDA pour exporter vers les USA et Canada », a-t-il fait savoir, notant que 80% de la production sardinière est orientée vers les unités industrielles et les 20% restant sont destinés à la vente sur le marché interne.

Il s’est dit, dans ce sens, très heureux de voir les industrielles de la pêche de Safi s’organiser dans le cadre d’un « Cluster » de l’industrie de pêche, appelant l’ensemble des intervenants à fédérer leurs efforts, afin de doter la Cité de l’Océan d’une industrie de pêche moderne et prospère, étant donné l’existence d’une main d’oeuvre qualifiée dans l’industrie sardinière et des potentialités énormes non encore exploitées en la matière.

Pour M. Saadouni, la « maritimité » de la ville de Safi existe dans l’ADN des Safiotes c’est pour cela que « nous avons oeuvré, dès le départ, afin de doter notre Cité d’un Salon et un Festival de la mer », notant que tous les peuples célèbrent la mer et qu’il nous appartient de mettre en valeur notre espace maritime et donc, de tirer profit de ce Salon sur les plans économique et culturel, afin de célébrer un patrimoine matériel et immatériel inégalable de la ville.

Safi dispose aussi d’un potentiel énorme pour le développement des sports nautiques notamment, des sites dédiés pouvant favoriser leur pratique, à l’instar de « Ras Lafaa », a relevé M. Saadouni, estimant indispensable d’investir dans les infrastructures touristiques pour pouvoir mettre sur pied une véritable activité touristique axée sur ces sports.

L’effort doit, en outre, porté sur la promotion de Safi via son art culinaire si riche, authentique et diversifié, ainsi que sur la valorisation de son arrière-pays (Souiria L’kdima, Cap Cantin, Cap Bedouza….), tout en mettant en place une véritable stratégie de marketing territorial pour un meilleur repositionnement de la destination.

Il est temps aussi d’oeuvrer afin de doter la ville d’un Musée entièrement dédié à la Mer, à son histoire, à ses gens et aux multiples activités florissantes autour de cet espace, entre autres, la fabrication de bateaux, dont Safi, via de grands maitres (Maâlems) à travers l’histoire, se trouve dotée d’un grand savoir- faire et d’une expérience avérée en la matière, a-t-il conclu.

Véritable Perle de l’Atlantique, Safi demeure un territoire intégré qui dispose de tous les atouts pour inscrire son véritable décollage et essor économiques dans la durabilité, tout en accordant à la dimension écologique toute la place qu’elle mérite.