Tourisme: Les professionnels aspirent à un allègement des restrictions

Par : Omar Er-rouch
Marrakech – Alors que le secteur du tourisme continue de subir de plein fouet, pour la seconde année consécutive, les répercussions d’une crise sanitaire et économique sans précédent, les professionnels au niveau de la région Marrakech-Safi ne cessent d’afficher leur optimisme et d’aspirer à un avenir meilleur, en réitérant leur espoir que les restrictions soient enfin « allégées », afin de sauver une activité qui constitue le « nerf » des économies régionale et nationale.

Armés de patience et surtout de détermination à « résister » pour sauver des emplois et pérenniser toute une activité qui fait vivre des milliers de familles, les opérateurs touristiques fondent de grands espoirs sur l’allégement des restrictions et la réouverture des frontières devant les voyageurs pour une relance de l’activité, sur des pas sûrs.

Avec l’amélioration de la situation épidémiologique et l’avancement de la campagne nationale de vaccination, tels que confirmés par les chiffres officiels fournis par le ministère de la Santé, les professionnels du tourisme ne cessent d’exhorter les autorités compétentes à « donner la priorité à ce secteur qui constitue le pilier de l’économie de la région » après plus de 20 mois d’arrêt d’activité et l’absence de visibilité quant à l’horizon de sortie de crise.

Pour ce faire, ils n’hésitent guère à multiplier les rencontres et réunions afin de se donner de la voix et engager une réflexion collective et profonde sur les moyens à mettre en œuvre pour une sortie de crise « certaine ».

Ainsi, lors d’une réunion de travail, tenue récemment dans la cité ocre pour célébrer la Journée mondiale du tourisme, les représentants des associations professionnelles opérant dans ce secteur à l’échelon régional ont tenu à souligner que la dynamique relative qu’a connu l’activité touristique durant les mois de juillet et d’août derniers « n’a pas sauvé une année, qui a été compliquée pour tous ».

« Des établissements hôteliers et des maisons d’hôtes souffrent de crise dans la cité ocre, alors que les propriétaires de cafés et de restaurants souhaitent voir les restrictions allégées dans un avenir très proche », a déclaré le président de l’Association Régionale de l’Industrie Hôtelière à Marrakech-Safi (ARIH), M. Salah Eddine Naciri, à M24, la chaîne télévisée d’information en continu de la MAP.

Rappelant que l’hiver constitue la période la plus importante de commercialisation et de vente des produits touristiques, M. Naciri a souligné l’importance pour les professionnels de disposer de plus de visibilité concernant l’ouverture des frontières, alors que toutes les destinations concurrentes ont déjà communiqué sur l’ouverture de leurs frontières, annonçant l’accueil des touristes vaccinés sans condition depuis l’été dernier.

La même sollicitation a été formulée par le Président de l’Association des Agences de Voyages de Marrakech-Safi, M. Taoufik Madih, qui a appelé les autorités compétentes à un allégement « important » des restrictions sur le tourisme, à même d’assurer une reprise soutenue de l’activité. L’objectif étant de « préserver les postes d’emploi et les compétences qui ont été formées durant plusieurs années ».

« L’absence de visibilité quant à l’horizon de sortie de crise nous a fait perdre plusieurs cadres, qui ont quitté pour d’autres secteurs ou bien pour un autre emploi à l’étranger, ce qui handicapera un éventuel et hypothétique retour à la normale », a-t-il déploré, affirmant que les agences de voyages sont à bout de souffle avec un risque de défaillance grandissant et la peine de ne plus pouvoir préserver les postes d’emplois.

Le secteur de restauration n’a pas été épargné. « Nous sommes dépassés financièrement et psychologiquement. Cette crise sanitaire va laisser encore longtemps ses traces », a estimé Mme Imane Rmili, de l’Association des Restaurateurs de Marrakech (ARM), appelant à sauver les restaurateurs, qui ont été considérés comme un sous-secteur du tourisme, alors qu’ils contribuent pleinement aux emplois et à la vie sociale au niveau de Marrakech.

Tout en mettant en avant l’engagement sans faille de tous les professionnels du secteur à observer strictement les règles barrières de lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), elle a fait savoir que « l’intensité de la crise sur le secteur a lourdement impacté l’activité ».

L’année dernière, le Royaume n’a reçu que quelque 2,2 millions de touristes, soit une baisse de 78% par rapport à 2019, selon les chiffres officiels. Pilier de l’économie marocaine, les recettes du secteur touristique, avoisinant les 80 milliards de dirhams en 2019 (environ 7,5 milliards d’euros), ont chuté de 65% jusqu’à début 2021, selon le ministère des Finances.

De ce fait, les professionnels du secteur ont, à maintes reprises, émis une série de recommandations, notamment la prorogation du mécanisme de l’Indemnité Forfaitaire (IF), la prorogation des reports de crédits et leasing pour les salariés du secteur, la requalification des crédits d’investissement (crédits contractés par les entreprises touristiques), et la mise en place de mesures vis-à-vis des taxes et impôts, et d’un mécanisme de soutien à l’entreprise touristique pour le démarrage et le maintien de l’activité.